Vladimir Volkoff, Auguste Villiers de L’Isle-Adam, Friedrich zu Stolberg-Stolberg, Johann Gottfried Schnabel, Gédéon Tallemant des Réaux

De Franse schrijver Vladimir Volkoff werd geboren in Parijs op 7 november 1932. Zie ook alle tags voor Vladimir Volkoff op dit blog en ook mijn blog van 7 november 2009 en ook mijn blog van 7 november 2010

Uit: Langelot Agent Secret

“La juridiction moderne, efficace, de la Commission ne s’étendait pas en dehors de ses locaux. Résultats : deux des garçons qu’elle accueillait pendant trois jours, pour des tests et des examens divers, en étaient réduits à se battre pour une gamelle modèle 14 modifié 39 ! En effet, le « grand » avait perdu la sienne et prétendait s’approprier celle du « petit », pour n’avoir pas d’ennuis avec l’adjudant, le jour du départ.
« Allez, rends-moi ma gamelle sans faire d’histoires ou je t’assomme, reprit le grand. Moi, je pèse 60 kilos et je…
– Tu m’assommes déjà avec tes discours ! rétorqua le petit. Il y en a qui sont doués, tout de même, comme orateurs.
– Vas-y le grand !
– Vas-y le petit ! »
Quarante-huis garçons brandissant leur gamelle (modèle 14 modifié 39) excitaient les adversaires.
« Eh bien ce sera tant pis pour toi », dit le grand en avançant d’un pas.
Et lança le poing.
Il dominait l’autre de la tête, d’une bonne demi-carrure et de la moitié de la longueur du bras.
Un ou deux spectateurs à l’âme sensible fermèrent les yeux pour ne pas voir ratatiner leur camarade… Lorsqu’ils les rouvrirent, ils virent le grand à plat ventre, au sol, le nez dans le gravier, un bras tordu derrière le dos. Le petit, qui lui avait enfourché les reins, lui demandait gentiment :
« Dis, je te casse l’avant-bras ou je ne te le casse pas ? »

Les apparences, il faut l’avouer, étaient trompeuses. L’adjudant chargé de la discipline, que les cris des garçons avaient alerté, pouvait difficilement deviner que le coupable se trouvait dessous et que le polisson qui caracolait sur son dos n’avait d’autre tort que de tenir à sa gamelle et de connaître un peu de judo. »

 
Vladimir Volkoff (7 november 1932 – 14 september 2005)
Portret door Sergei Chepik, 2002

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Vladimir Volkoff, Auguste Villiers de L’Isle-Adam, Friedrich zu Stolberg-Stolberg, Johann Gottfried Schnabel, Gédéon Tallemant des Réaux

De Franse schrijver Vladimir Volkoff werd geboren in Parijs op 7 november 1932. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009 en ook mijn blog van 7 november 2010

 

Uit: Chroniques angéliques

„Àmon ange gardien

Avoue que c’est étrange.

Je ne suis pas tout à fait sûr que tu existes (ne te vexe pas, je ne suis pas tout à fait sûr d’exister moi-même), et pourtant je t’invoque tous les jours. Solennellement. En slavon. Je te dis : ” Ange Gardien de par le Seigneur à moi envoyé, pardonne-moi tout ce par quoi je t’ai chagriné la journée passée et aide-moi à commencer la prochaine pour ton réconfort et le salut de mon âme. ” Ma mère a composé cette prière : elle m’en remplace une autre que l’Église orthodoxe recommande de dire tous les matins.

C’est que l’Église chrétienne, aussi bien orthodoxe que catholique ou protestante, avec toutes les religions monothéistes, croit fermement en vous autres anges : les juifs croient en vous, les musulmans croient en vous, les bons chrétiens croient en vous. Si certains d’entre eux se permettent de douter de votre existence, c’est respectueusement. Il n’y a que les descendants de M. Homais, civils ou ecclésiastiques, qui vous ont carrément radiés des rôles avec une désinvolture qu’ils prennent pour la marque d’esprits supérieurs.

Mais entre croire en vous et savoir qui vous êtes et comment vous comprendre et comment vous parler et comment vous traiter, il y a du chemin. Si bien que je ne suis pas sûr d’avoir le droit de faire ce que je fais ici en inventant vos chroniques.

Quand j’étais petit, on m’assurait qu’il ne fallait jamais toucher un papillon parce que ses ailes étaient couvertes d’un pollen qui lui permettait de voler. Peut-être la recommandation est-elle valable pour les anges et ferais-je mieux de ne pas transgresser votre intangibilité ?

Mais peut-être aussi n’est-ce qu’une question de tact et, si, nous autres gens soi-disant cultivés, nous nous croyons obligés de prendre un ton amusé à votre sujet, est-ce la faute des savants qui vous ont chloroformés, épinglés et catalogués au lieu de s’inspirer du dicton américain : ” Pourquoi les anges volent-ils ? Parce qu’ils se prennent à la légère.”

 

Vladimir Volkoff (7 november 1932 – 14 september 2005)

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Albert Camus, Albert Helman, Pierre Bourgeade, Antonio Skármeta, W. S. Rendra, Vladimir Volkoff, Auguste Villiers de L’Isle-Adam, Friedrich zu Stolberg-Stolberg, Gédéon Tallemant des Réaux, Johann Gottfried Schnabel

De Franse schrijver en filosoof Albert Camus werd geboren op 7 november 1913 in Mondovi, Algerije. Zie ook mijn blog van 7 november 2006 en ook mijn blog van 7 november 2007 en ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Caligula

“[Acte I, Scène IV (dialogue Hélicon, Caligula)]


CALIGULA
… Mais je ne suis pas fou et même je n’ai jamais été aussi raisonnable.
Simplement, je me suis senti tout à coup un besoin d’impossible.
Les choses, telles qu’elles sont, ne me semblent pas
satisfaisantes.
HÉLICON
C’est une opinion assez répandue.
CALIGULA
Il est vrai. Mais je ne le savais pas auparavant.
Maintenant, je sais. Ce monde,
tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc
besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité,
de quelque chose qui soit dément peut-être,
mais qui ne soit pas de ce monde.
HÉLICON
C’est un raisonnement qui se tient. Mais, en
général, on ne peut pas le tenir jusqu’au bout.
CALIGULA,
se levant, mais avec la même simplicité.
Tu n’en sais rien. C’est parce qu’on ne le tient
jamais jusqu’au bout que rien n’est obtenu. Mais
il suffit peut-être de rester logique jusqu’à la fin,
Il regarde Hélicon.
Je sais aussi ce que tu penses. Que d’histoires
pour la mort d’une femme! Non, ce n’est pas cela.
Je crois me souvenir, il est vrai, qu’il y a quelque
jours, une femme que j’aimais est morte. Mais
qu’est-ce que l’amour? Peu de chose. Cette mort
n’est rien, je te le jure; elle est seulement le signe
d’une vérité qui me rend la lune nécessaire. C’est
une vérité toute simple et toute claire, un peu
bête, mais difficile à découvrir et lourde à porter.
HÉLICON
Et qu’est-ce donc que cette vérité, Caius ?
CALIGULA, détourné, sur un ton neutre.
Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux.

HÉLICON, après un temps.
Allons, Caius, c’est une vérité dont on s’arrange
très bien. Regarde autour de toi. Ce n’est pas cela
qui les empêche de déjeuner.
CALIGULA, avec un éclat soudain.
Alors, c’est que tout, autour de moi, est mensonge,
et moi, je veux qu’on vive dans la vérités
Et justement, j’ai les moyens de les faire vivre
dans la vérité. Car je sais ce qui leur manque,
Hélicon. Ils sont privés de la connaissance et
il leur manque un professeur qui sache ce dont il parle.”

 camus

Albert Camus (7 november 1913 – 4 januari 1960)

 

De Nederlandse dichter en schrijver Albert Helman werd geboren op 7 november 1903 in Paramaribo. Zie ook mijn blog van 7 november 2006 en ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Orkaan bij nacht

“Heb ik ooit liefgehad?

Ben ik zelf ooit bemind?

Ik weet het niet. Ik weet het niet meer. Sinds jaren leef ik in raadsels die dag aan dag ondoorgrondelijker worden. Twijfels die zelfs de geringste gebeurtenissen vertroebelen, en de laatste kans op geluk teniet doen.

Het is zelfs de vraag of geluk iets bestaanbaars is. Mijzelf schijnt het toe dat ik nooit werkelijk gelukkig ben geweest, en de schaarsche keeren dat ik dit meende, berustten op een schandelijk bedrog van mijzelf en anderen. Een dwaze komedie waarbij geglimlacht werd en gelukzalig gekeken, maar waarbij ieder in zijn hart voelde dat hij te hoog speelde, dat hij straks onherroepelijk de verliezer zijn zou, en dupe van een kinderachtige overgevoeligheid.

De anderen? Het is mogelijk dat er gelukkigen zijn. Maar ik ken ze niet, ik heb ze nooit ontmoet. Die de schijn aannamen alsof, of zich erop beroemden dat zij gelukkig konden zijn, heb ik met gretige nieuwsgierigheid geobserveerd, op het ziekelijke af; maar ik heb altijd weer de vooze plek in hun geluk, de valschheid van hun zelfbegoocheling ontdekt. Daarvoor was niet eens bizondere scherpzinnigheid noodig; ze verrieden zichzelf maar al te graag, want van hun soort geluk raakten ze gauw genoeg vermoeid, verveeld en overstuur. Juist zooals ik, de enkele keeren dat ik een hallucinatie voor geluk heb aangezien.

Er is geen mensch die niet een tijdlang zich aan zulk zelfbedrog bezondigt, en zijn eigen ziel poogt op te lichten. Maar wat heb ik nog te maken met de menschen…. met de mensch die ik zelf eertijds was? Onherroepelijk zijn de jaren, maar het is ook dwaasheid ze ooit terug te willen roepen. Dood is dood, voorbij voorbij, begraven blijft voorgoed begraven. Beter is het ieder jaar en elke dag de eindrekening op te maken en een streep te zetten onder wat voorbij is: het verloren leven, het bedrog, en zelfs het laatste beetje dat je nog uit de algemeene ondergang dacht te redden.

Dat wil zeggen….

Neen, ik wil niet. Geen restricties. Koel en zakelijk wil ik doorgaan met de heele boel te likwideeren. Jeugd en studiejaren met hun kinderlijke illusies, hun geloof dat op deze aarde ooit iets groots zou te bereiken zijn. Die kindersprookjes…. Dan mijn huwelijk. Blijspel aller treurspelen of treurspel aller blijspelen, dat is om het even. Een vergissing, zeker, dat beken ik mij reeds jaren. Maar een van die fijne, wreede, ingewikkelde vergissingen, zooals een Planck en Einstein ze ontdekten in het onaantastbare instituut van onze wiskunde. Mijn huwelijk had ook beter moeten zijn dan alle andere, volgens de oude leer. Maar daar kwam de ontdekking: de berekeningen klopten niet.”

helman

Albert Helman (7 november 1903 – 7 oktober 1996)

 

De Franse schrijver, scenarioschrijver, essayist, dichter, journalist en fotograaf Pierre Bourgeade werd geboren in Morlanne op 7 november 1927. Zie ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Warum

Le surlendemain, nous retrouvâmes Eva à la pâtisserie du Trocadéro. Après avoir pris le thé, nous nous rendîmes dans un petit hôtel de la rue Saint-Didier, la Résidence des Fleurs, qui louait des chambres à l’heure. Les chambres n’étaient pas numérotées, elles portaient des noms de fleurs inscrits sur de petites plaques émaillées. Il y avait les lilas, les bleuets, les myosotis, les violettes, etc.,… et elles étaient entièrement tapissées, plafond compris, d’un tissu représentant ces fleurs. On nous donna la chambre des hortensias bleus, nous eûmes l’impression de pénétrer dans une boîte géante remplie d’hortensias. Je commandai une bouteille de champagne. Eva enleva son trench-coat, s’allongea sur le lit et attendit. Elle portait sa longue robe de coton rêche, sans ceinture, dans les tons grèges. Elle avait le visage très blanc, les paupières noirs de fard, les yeux allongés d’un trait de crayon jusqu’aux oreilles. Lucienne s’assit à côté d’elle, déboutonna la robe, sous laquelle Eva était nue. Lucienne se pencha, embrassa les seins, descendit, embrassa le ventre. Eva écarta les cuisses. Je m’assis à hauteur de son visage, essayant de lui faire mettre le nez dans ma braguette, mais elle détourna la tête. Je ne bandai pas. Je glissai la main dans les cheveux de Lucienne, lui grattai le crâne. Lucienne suçait avec fougue, ahanant. Je regardai les cloisons d’hortensias bleus, le plafond d’hortensias bleus, les rideaux d’hortensias bleus, puis je pensai que nous étions des nains déguisés en hortensias bleus occupés à donner un spectacle hard dans un bocal plein d’hortensias bleus pour un Dieu solitaire dont l’œil nous voyait, caché dans l’un des hortensias bleus du plafond. Eva poussa un petit cri. «Tu me mords!»

Bourgeade

Pierre Bourgeade (7 november 1927 – 12 maart 2009)

 

De Chileense schrijver Antonio Skármeta werd geboren op 7 november 1940 in Antofagasta. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Das Mädchen mit der Posaune (Vertaald door Willi Zurbrüggen)

“Im Dezember 1944 saß ich mit dem malizianischen Einwanderer Stefano Coppeta einträchtig schweigend auf den Treppenstufen des Ladens Ecke Prat und Esmeralda, als ein blendender Lichtblitz von weiter unten uns gleichzeitig aufspringen ließ. Überrascht und neugierig legten wir die Hände schirmend über die Augen und spähten in das unendliche Licht, das von einem goldenen Skateboard oder einer diamantenen Antenne zu kommen schien.

Das überwältigende Leuchten blendete so, daß es unmöglich war, die Personen in seinem Umkreis auszumachen. Erst als sie bis auf einen halben Häuserblock herangekommen waren, sah ich, daß es sich um einen dicken jungen Mann handelte, begleitet von einem etwa zweijährigen Geschöpf in einem roten Trägerkleidchen, das der unerträglichen Hitze sehr angemessen war. Das Mädchen hielt einen zerbissenen Schnuller in den Händen und der Junge eine Posaune von gewaltigem Ausmaß. Eine einzige Lichtkanonade.

Vor uns beiden blieb das Paar stehen. Der junge Mann griff in die Tasche seiner Manchesterhose, die hier und da Flecken deutlich älteren Datums aufwies, zog einen abgegriffenen Zettel hervor, wischte sich damit den Schweiß von der Stirn, las ihn durch, starrte Stefano Coppeta in die Augen, als sähe er dessen Fingerabdrücke darin, steckte den Zettel zurück in die Hosentasche und sagte auf malizianisch: “Glenn Miller ist tot.”

“Wer ist das?” fragte ich und spürte, wie das Mädchen an meinem Hemd zupfte.

“Glenn Miller? Der größte Musiker des Jahrhunderts. In the Mood, Little Brown Jug, Pennsylvania 6-5000, Moonlight Serenade… Kennen Sie den nicht?”

Der Mann streichelte seine Posaune, als müsse er sie trösten, und schaute dann betrübt auf das Mädchen.

“Von zeitgenössischer Musik verstehe ich nichts”, sagte ich einlenkend. “Ich bin bei Mozart und Beethoven stehengeblieben.” Stefano zündete sich eine Zigarette an.

“In der Silvesternacht tanzen die Landsleute manchmal Turumbas. Kennen Sie die Turumba der Früchte?”

Der Posaunist brachte das Mundstück an die Lippen, setzte es, ohne einen Ton zu blasen, wieder ab und befeuchtete die Lippen mit der Zunge.

“Die Turumba des Todes”, sagte er mit bitterem Lächeln. “Die Nazis sind bis in unser Allerheiligstes vorgedrungen.”

Skármeta

Antonio Skármeta (Antofagasta, 7 november 1940)

 

De Indonesische dichter en toneelregisseur Wahyu Sulaeman Rendra (eig. Willibrordus Surendra Broto Rendra) werd geboren in Surakarta op 7 november 1935. Rendra behoorde als dichter tot de groep “Angkatan ’50”. Als een van de weinige Indonesische dichters stond Rendra dikwijls op de kandidatenlijst voor de Nobelprijs voor de Literatuur. Hij verleende het Indonesisch een nieuwe dimensie door zijn lucide, schijnbaar simpel, maar zeer doeltreffend woordgebruik. Na enkele jaren in de Verenigde Staten te hebben doorgebracht, keerde hij in 1966 terug naar Djokjakarta. Daar werd hij echter vooral bekend met het door hem opgerichte theatercollectief “Bengkel”. Rendra was ook een vooraanstaand opponent van het regime van president Soeharto (1967-1998) en zat in 1978 enkele maanden in de gevangenis.

Poem

The wet twilight calms the burning forest.
Vampire bats descend
from the dark grey sky.
Smell of munitions in the air.
Smell of corpses. And horseshit.
A pack of wild dogs
eat hundreds and thousands of human bodies
the dead and the half dead.
And among the scorched trees of the forest
puddles of blood form into a pool.
Wide and calm. Ginger in colour.
Twenty angels come down from heaven
to purify those in their death throes
but on earth
are ambushed by the giant vampires
and raped.
A vital breeze which travels gently on
moves away the ringlet curls of the corpses
makes circles on the lake of blood
and impassions the lust of angels and bats.

Yes, my brothers,
I know this is a view which satisfies you
for you have worked so intently
to create it.

Rendra

W. S. Rendra (7 november 1935 – 6 augustus 2009)

 

De Franse schrijver Vladimir Volkoff werd geboren in Parijs op 7 november 1932. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Le retournement

„- Avez-vous jamais réfléchi au mot bolchévik ? commença Popov. Pour l’anecdote, il signifie « majoritaire au congrès  social-démocrate de 1903 », mais  sans compter que la majorité semble avoir été, par bonheur, truquée, faut voir plus profond. Staline – vous pouvez me dénoncer à l’ambassadeur pour avoir cité le vieux père – a dit : « Bolchevisme et léninisme sont une seule et nième chose. »  Ostrovsky attire notre attention sur le mot, qui est musclé, dense : on y mord bien. Pour moi, c’est un mot de couleur rouge foncé, tirant sur le brun ; un mot pesant, qui évoque l’artillerie de gros calibre et l’industrie lourde. Un mot comme bombardier, comme marteau-pilon. Un mot qui fait peur et chaud on même temps. Petit garçon, je ne rêvais qu’à ça avoir le droit de dire « Je suis bolchevik ». J’y rêvais plus et mieux qu’un cadet à l’épaulette, qu’un petit télégraphiste américain aux milliards de Carnegie. J’ai suivi la filière : pionniers, konisa, candidature au Parti, l’examen où l’an étale son âme sur la table d’opération… J’ai reçu mon billet. Ça y était. Vous n’êtes qu’une petite Occidentale pourrie si vous vous imaginez un instant que j’ai été déçu. Au contraire : l’initiation a dépassé mues espoirs. Quand je me suis regardé dans la glace, que j’ai tendu le doigt et que j’ai dit « Voilà un bolchevik! », j’ai senti que je m’étais majoré moi-même. Seulement, dans l’entre­temps, j’avais appris, progressivement, le vrai sens du mot. Un bolchevik, ce n’est pas un protecteur de la veuve et de l’orphelin, comme vous le croyez, ni un lutteur contre les forces d’ombre, comme je l’avais cru moi-même, ni un prolétaire plus conscient. ni un économiste plus averti, ni un prophète plus éclairé, ni un dialecticien plus logique. Ces représentations qui sortent les unes des autres sont comme nos poupées russes : toutes â limage de la vérité, la serrant de plus en plus étroitement, donc toutes vraies. Et pourtant, toutes fausses, jusqu’au moment où on atteint la dernière, celle qui ne s’ouvre plus, le noyau sous la chair, la particule infis­sible, la vérité vraie. J’avais voulu devenir bolchevik, je l’étais, mais ce n’était pas ce que je pensais, c’était mieux, infiniment mieux.“

Volkoff
Vladimir Volkoff (7 november 1932 – 14 september 2005)

 

De Franse schrijver Auguste Villiers de L’Isle-Adam werd geboren op 7 november 1838 in Saint-Brieuc. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2006 en ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: L’Eve Future

„A vingt-cinq lieues de New York, au centre d’un réseau de fils électriques, apparaît une habitation qu’entourent de profonds jardins solitaires. La façade regarde une riche pelouse traversée d’allées

sablées qui conduit à une sorte de grand pavillon isolé. Au sud et à l’ouest, deux longues avenues de très vieux arbres projettent leurs ombrages supérieurs vers ce pavillon. C’est le n° 1 de la cité de Menlo Park.–Là demeure Thomas Alva Edison, l’homme qui a fait prisonnier l’écho.

Edison est un homme de quarante-deux ans. Sa physionomie rappelait, il y a quelques années, d’une manière frappante, celle d’un illustre Français, Gustave Doré. C’était presque le visage de l’artiste _traduit_ en un visage de savant. Aptitudes congénères, applications différentes.

Mystérieux jumeaux. A quel âge se ressemblèrent-ils tout à fait? jamais, peut-être. Leurs deux photographies d’alors, fondues au stéréoscope, éveillent cette impression intellectuelle que certaines effigies de races supérieures ne se réalisent pleinement que sous une monnaie de figures, éparses dans l’Humanité.

Quant au visage d’Edison, il offre, confronté avec d’anciennes estampes, une vivante reproduction de la médaille syracusaine d’Archimède.

Or, un soir de ces derniers automnes, vers cinq heures, le merveilleux inventeur de tant de prestiges, le magicien de l’oreille (qui, presque sourd lui-même, comme un Beethoven de la Science, a su se créer cet imperceptible instrument–grâce auquel, ajusté à l’orifice du tympan, les surdités, non seulement disparaissent, mais dévoilent, plus affiné encore, le sens de l’ouïe–), Edison, enfin, s’était retiré au plus profond de son laboratoire personnel, c’est-à-dire en ce pavillon séparé de son château.“

Villiers de L'Isle-Adam.jpg

Auguste Villiers de L’Isle-Adam (7 november 1838 – 18 april 1889)
Buste van Élie Le Goff in Saint-Brieuc

 

De Duitse dichter, vertaler en jurist Graaf Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg werd geboren op 7 november 1750 in Bramstedt. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009.

An den Abendstern
6. Januar 1773.

Ehmals winktest du mir, Führer des schweigenden
Abends, Freuden herab, kurz, wie sie Sterblichen
Lächeln, farbigen Blasen
Ähnlich, hauchender Weste Spiel!

Zwar mir waren sie wert, wert, wie dem dürstenden
Weizenhalme der Tau! aber sie schwanden bald!
Selten blicket dein Auge
Nun, und trüber auf mich herab!

Hüllen Schleier dich ein? Oder entfließen dir
Thränen? Bist du, gleich mir, nagender Traurigkeit
Raub, ein Erbe des Jammers?
Deine strahlenden Brüder auch?

Ist das blaue Gewand leuchtender Sonnen voll,
Und mit Monden besä’t, nur ein Gewebe von
Elend? Tönen die Sphären
Einen ewigen Klageton?

Oder bin ich allein elend? Du schweigest mir,
Unerbittlich auch du! dennoch ein Retter einst,
Wann den Abend du bringest,
Welchem folget kein Morgenrot!

Stolberg

Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg (7 november 1750 – 5 december 1819)

 

De Duitse schrijver Johann Gottfried Schnabel werd geboren op 7 november 1692 in Sandersdorf bij Bitterfeld. Zie ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Der im Irrgarten der Liebe herumtaumelnde Kavalier

„Es hat ein geborener von Adel zwei Hauptwege vor sich, durch welche er zu besonderen hohen Ehren gelangen und sich vor anderen seines Standes ungemein distinguieren kann, nämlich den Weg in den Krieg oder den Weg, zur Gelehrsamkeit zu gelangen. Ob man nun schon nicht in Abrede ist, daß sich viele von Adel auf andere Arten, nämlich durch Erlernung der Jägerei, Reitkunst und dergleichen, in hohe Posten geschwungen, so ist doch sonnenklar, daß die Zahl derjenigen, welche einen von den erstgemeldeten Wegen erwählt und dadurch sehr hohe Chargen erreicht, der anderen Zahl bei weitem übertrifft.

Ein gewisser deutscher Kavalier, den wir Gratianus von Elbenstein nennen wollen, war zwar keine feige Memme, hatte aber mehr Lust zu den Büchern und zur Feder als zum Degen und anderem Gewehr, erwählte deswegen den Weg, sich durch Gelehrsamkeit emporzuschwingen. Weil er nun von seiner zarten Jugend an beständig fleißig studiert, hatte er es so weit gebracht, daß er sehr frühzeitig auf Universitäten ziehen konnte. Als er nach einigen Jahren von dannen zurück kam, zeigten sich seine vornehmen Eltern ungemein vergnügt, zumal sie von vielen Staats- und gelehrten Leuten die Versicherung erhielten, daß sie ihr Geld nicht übel angelegt, indem der junge Herr Gratianus von Elbenstein sich nicht allein in der Jurisprudenz, Philosophie, Mathematik und dergleichen, sondern auch in den Nebendingen, Tanzen, Reiten, Fechten, Voultoisieren, vor anderen, die gleich so viel Zeit und wohl mehr Geld als er verschwendet, ungemein hervorgetan hätte.

Demnach war sein Herr Vater gesonnen, ihn fürs erste an einem gewissen fürstlichen Hofe als Kammerjunker zu engagieren; da aber der junge Herr von Elbenstein seinem Herrn Vater vorstellte, was es für eine vortreffliche und höchstnötige Sache sei, daß ein junger Kavalier, ehe er Bedienung bei Hofe annähme, sich vorher auf Reisen begäbe, um die Welt sowohl als die Gemüts- und Lebensarten der Menschen von verschiedenen Nationen kennenzulernen, er auch außerdem noch viel mehr andere Beweggründe hinzusetzte, resolvierte sich der Herr Vater bald, seinen beiden Söhnen eine standesmäßige Equipage verfertigen zu lassen und jedwedem einen wohlgespickten Beutel mitzugeben.“

schnabel.jpg

Johann Gottfried Schnabel (7 november 1692 – tussen 1751 en 1758)
Gedenkplaat aan zijn woonhuis in Stolberg in de Harz

 

De Franse schrijver Gédéon Tallemant des Réaux werd geboren op 7 november 1619 in La Rochelle. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009.

Uit: Historiettes. Henri IV

„Si ce prince fût né roi de France, et roi paisible, probablement ce n’eût pas été un grand personnage : il se fût noyé dans les voluptés, puisque, malgré toutes ses traverses, il ne laissoit pas, pour suivre ses plaisirs, d’abandonner les plus importantes affaires. Après la bataille de Coutras, au lieu de poursuivre ses avantages, il s’en va badiner avec la comtesse de Guiche, et lui porte les drapeaux qu’il avoit gagnés. Durant le siège d’Amiens, il court après madame de Beaufort, sans se tourmenter du cardinal d’Autriche, depuis l’archiduc Albert, qui s’approchoit pour tenter le secours de la place.
[Sigogne fit cette épigramme :
Ce grand Henri, qui souloit estre
L’effroi de l’Espagnol hautain
Fuyt aujourd’huy devant un prestre
Et suit le c-l d’une p…n. (T.)]
Il n’étoit ni trop libéral, ni trop reconnoissant. Il ne louoit jamais les autres, et se vantoit comme un Gascon. En récompense, on n’a jamais vu un prince plus humain, ni qui aimât plus son peuple ; d’ailleurs, il ne refusoit point de veiller pour le bien de son Etat. Il a fait voir en plusieurs rencontres qu’il avoit l’esprit vif et qu’il entendoit raillerie.
Pour reprendre donc ses amours, si Sébastien Zamet, comme quelques-uns l’ont prétendu, donna du poison à madame de Beaufort, on peut dire qu’il rendit un grand service à Henri IV, car ce bon prince alloit faire la plus grande folie qu’on pouvoit faire : cependant il y étoit résolu.

On devoit déclarer feu M. le Prince bâtard. M. 1e comte de Soissons se faisoit cardinal, et on lui donnoit trois cent mille écus de rentes en bénéfices. M. le prince de Conti étoit marié alors avec une vieille qui ne pouvoit avoir d’enfants. M. le maréchal de Biron devoit épouser la fille de madame d’Estrées, qui depuis a été madame de Sanzay. M. d’Estrées la devoit avouer ; elle étoit née durant le mariage, mais il y avoit cinq ou six ans que M. d’Estrées n’avoit couché avec sa femme, qui s’en étoit allée avec le marquis d’Allègre, et qui fut tuée avec lui à Issoire, par les habitants, qui se soulevèrent et prirent le parti de la Ligue. Le marquis et sa galante tenoient pour le Roi : ils furent tous deux poignardés et jetés par la fenêtre.“

des Réaux

Gédéon Tallemant des Réaux (7 november 1619 – 10 november 1692)

Albert Camus, Albert Helman, Pierre Bourgeade, Antonio Skármeta, Vladimir Volkoff, Friedrich zu Stolberg-Stolberg, Auguste Villiers de L’Isle-Adam, Gédéon Tallemant des Réaux, Johann Gottfried Schnabel

De Franse schrijver en filosoof Albert Camus werd geboren op 7 november 1913 in Mondovi, Algerije. Zie ook mijn blog van 7 november 2006 en ook mijn blog van 7 november 2007 en ook mijn blog van 7 november 2008.

Uit: l’Étranger

J’ai pris le tram pour aller à l’établissement de bains du port. Là, j’ai plongé dans la passe. Il y avait beaucoup de jeunes gens. J’ai retrouvé dans l’eau Marie Cardona, une ancienne dactylo de mon bureau dont j’avais eu envie à l’époque. Elle aussi, je crois. Mais elle est partie peu après et nous n’avons pas eu le temps. Je l’ai aidée à monter sur une bouée et, dans ce mouvement, j’ai effleuré ses seins. J’étais encore dans l’eau quand elle était déjà à plat ventre sur la bouée. Elle s’est retournée vers moi. Elle avait les cheveux dans les yeux et elle riait. Je me suis hissé à côté d’elle sur la bouée. Il faisait bon et, comme en plaisantant, j’ai laissé ma tête en arrière et je l’ai posée sur son ventre. Elle n’a rien dit et je suis resté ainsi. J’avais tout le ciel dans les yeux et il était bleu et doré. Sous ma nuque, je sentais le ventre de Marie battre doucement. Nous sommes restés longtemps sur la bouée, à moitié endormis. Quand le soleil est devenu trop fort, elle a plongé et je l’ai suivie. Je l’ai rattrapée, j’ai passé ma main autour de sa taille et nous avons nagé ensemble. Elle riait toujours. Sur le quai, pendant que nous nous séchions, elle m’a dit : “Je suis plus brune que vous.” Je lui ai demandé si elle voulait venir au cinéma, le soir. Elle a encore ri et m’a dit qu’elle avait envie de voir un film avec Fernandel. Quand nous nous sommes rhabillés, elle a eu l’air très surprise de me voir avec une cravate noire et elle m’a demandé si j’étais en deuil. Je lui ai dit que maman était morte. Comme elle voulait savoir depuis quand, j’ai répondu : “Depuis hier.” Elle a eu un petit recul, mais n’a fait aucune remarque. J’ai eu envie de lui dire que ce n’était pas de ma faute, mais je me suis arrêté parce que j’ai pensé que je l’avais déjà dit à mon patron. Cela ne signifiait rien. De toute façon, on est toujours un peu fautif.

Le soir, Marie avait tout oublié. Le film était drôle par moments et puis vraiment trop bête. Elle avait sa jambe contre la mienne. Je lui caressais ses seins. Vers la fin de la séance, je l’ai embrassée, mais mal. En sortant, elle est venue chez moi.

Quand je me suis réveillé, Marie était partie. Elle m’avait expliqué qu’elle devait aller chez sa tante. J’ai pensé que c’était dimanche et cela m’a ennuyé : je n’aime pas le dimanche. Alors, je me suis retourné dans mon lit, j’ai cherché dans le traversin l’odeur de sel que les cheveux de Marie y avaient laissée et j’ai dormi jusquà dix heures.“

 

Camus

Albert Camus (7 november 1913 – 4 januari 1960)
Portret door John Spooner

 

De Nederlandse dichter en schrijver Albert Helman werd geboren op 7 november 1903 in Paramaribo. Zie ook mijn blog van 7 november 2006 en ook mijn blog van 7 november 2008.

Sonnet

‘Wij hebben haar samen vermoord, nietwaar?’
(Helêne Swarth)

Wij hebben haar samen vermoord, nietwaar,

in het holst van de nacht vermoord…

haar kreten heeft niemand immers gehoord,

en jij hebt haar gelegd op de baar….

 

En ik heb haar smeeken toch wel gesmoord,

en die doek geslagen om haar…

En je bent daarom toch geen moordenaar,

want ze sluimert nu ongestoord.

 

Mij verraden zul je toch immers niet doen?

O, kijk, hoe ze sluimert zoo zacht…

o mijn Trots, ben je nu tevreden, zeg,

 

voor al-tijd gaat ze nu immers weg…

weg, weg, in de eeuwige donkere nacht…

lach nu, want ze is jou toch vermoord ten zoen.

 

 

 

Regentijd

 

II

 

Het druipt op de daken

met klikjes en klakjes…

wat tikkelt de regen eentonig getak.

en ’t druppelt omlaag

nu weer sterker, dan zwakjes.

of iedere tik een nieuw bloemetje brak…

 

Het snikt in mijn ziele

gefluisterde klachtjes…

de tranen ze tikk’len met teeder geluid….

en diep in mijn ziele

daar schreit het heel zachtjes…

ach, wist ik wat schreien-om-regen beduidt…

 

III

 

De dag is zoo oud,

zoo oud wel als jaren…

de regen valt treuriglijk

sijpelend neer.

‘k Wou dat weer de

dagen der lente er waren,

maar droef is de hoop,

dat ze ooit wederkeer’…

 

De dag is zoo nat

en zoo donker en droevig…

hier dringen de trieste

geluiden der straat…

En harten van menschen

zijn ach, zoo behoevig,

als dag ze niets meer

dan haar droefenis laat.

 

helman_devries

Albert Helman (7 november 1903 – 7 oktober 1996)
Portret door Erwin de Vries

 

De Franse schrijver, scenarioschrijver, essayist, dichter, journalist en fotograaf Pierre Bourgeade werd geboren in Morlanne op 7 november 1927. Hij was een afstammeling van Jean Racine en een schoonbroer van de schrijfster Paule Constant. Bourgeade liet een veelzijdig werk na en was een erfgenaam van Sade en Georges Bataille. In de jaren 60 veroorzaakte hij schandalen met zijn geschriften. Bourgeade schreef in een snelle, efficiënte stijl over zijn geliefde thema’s: de geschiedenis, de grote lotsbestemmingen, seks en erotiek, eenzaamheid en de onkunde om zichzelf te kennen. Hij was bevriend met Man Ray en Pierre Molinier en fotografeerde ook naakten in wit-zwart. Hij schreef verschillende romans noirs. Bougeade kreeg in 1998 de Grand Prix Paul-Féval de littérature populaire van de Société des Gens de Lettres voor Pitbull. Pierre Bourgeade overleed op 12 maart van dit jaar.

 

Uit: Bloc-notes

« Pardon » ! Arrivant du Sud-Ouest, je prends, devant la gare Montparnasse, le 96, qui a pour terminus la Porte des Lilas, et qui me conduira en vingt minutes à l’Odéon, où j’habite. Il reste quelques places. Je m’asseois, côté droit, en face d’une grande jeune fille aux yeux bleus, vêtue d’une veste en cuir et d’un jean. Sans que je le fasse exprès, mes genoux effleurent les siens. Elle me jette un regard irrité, et se met légèrement en biais, afin que nous ne nous touchions pas.
Où ai-je lu quelque chose à propos d’un regard aussi bleu qu’irrité ?… Mais, dans
La Science des rêves
, bien sûr ! On se souvient que Freud, travaillant à l’Institut de Physiologie, et dont le service commençait de bonne heure, était arrivé plusie
urs fois en retard au laboratoire. Son vieux maître et ami, Brücke, un jour, eut à l’attendre. Freud dut affronter non seulement un mot de reproche, mais encore, écrit-il, « le regard de ses terribles yeux bleus » sous lequel il se sentit « défaillir ». Bien des années après, Freud rêve qu’il est attablé avec un autre de ses amis défunts, P., et que, sous son regard, « P. devient pâle, évanescent, ses yeux prennent une nuance bleue maladive, enfin il se dissout »…
Ce rêve est remarquable, entre autres, en ce qu’il montre le rêveur retournant à son avantage une situation dont lui-même se trouva victime dans le passé, mais ceci est une autre histoire. Revenant au réel, et fort des pouvoirs qu’eut Freud de dissoudre son voisin (qui sait si je ne suis pas en train de rêver ?), je cherche à regarder la jeune fille dans les yeux. Elle a changé de place, sans que je m’en sois aperçu.
Le bus démarre. Puisque j’évoque Vienne, je suis la pente de ma rêverie, et je me mets à penser à Peter Handke. N’a-t-il pas plusieurs fois traversé Paris, alors qu’il habitait Créteil, je crois, en humain étranger au monde dont il faisait partie ? Tandis que le 96 descend la rue de Rennes, je me rappelle avec une douloureuse précision un texte de lui, où on le voit aller, dans le Nord de la ville, retrouver sa maîtresse, une amie, avec qui, quoiqu’ils fassent l’amour, il ne se passe rien. Ce roman surprenant s’appelle
L’Heure de la sensation vraie. Il témoigne de l’étrange génie de Handke, et de son traducteur, remarquable écrivain, Georges-Arthur Goldschmidt.

 

Pierre-Bourgeade

Pierre Bourgeade (7 november 1927 – 12 maart 2009)

 

De Chileense schrijver Antonio Skármeta werd geboren op 7 november 1940 in Antofagasta. Zie ook mijn blog van 7 november 2008.

 

Uit: Der Dieb und die Tänzerin (El baile de la Victoria, vertaald door Willi Zurbrüggen)

 

Ángel Santiagos Sinne waren plötzlich wach und gespannt, als fürchtete er, jemand könnte ihre Unterhaltung belauschen und ein falsches Wort seine Freiheit gefährden. Vorsichtig sagte er:

»Nein, Señor Santoro. Ich werde Sie nicht umbringen.«

Der Direktor nahm die Lampe, die über dem Schachbrett hing, und drehte sie so, daß ihr Strahl wie der eines Suchscheinwerfers auf das Gesicht des Jungen fiel. Er hielt sie wortlos eine ganze Weile so, ließ sie dann wieder herunter und versetzte ihr einen Stoß, daß ihr Lichtstrahl von einer Wand zur anderen schwang.

Er schluckte und seine Stimme klang gebrochen:

»Was mich betrifft, so war meine Beteiligung in jener Nacht ein Akt der Liebe.

Auch unsereins wird hinter diesen Gittern verrückt vor Einsamkeit.«

»Halten Sie den Mund, Mann.«

Der Direktor ging im Zimmer auf und ab, als suchte er auf dem Zementboden nach Worten. Schließlich blieb er vor d
em jungen Mann stehen und wickelte sich mit dramatischer Langsamkeit den Schal vom Hals. Ohne ihm in die Augen zu sehen und mit einer Geste unerwarteter Demut, hielt er ihm den Schal hin.

»Er ist zwar alt, aber er hält warm.«

Ángel rieb ihn mit angewiderter Miene zwischen den Fingern. Um Santoro nicht ins Gesicht sehen zu müssen, hielt er den Blick auf das Foto des Präsidenten der Republik gerichtet, dem einzigen Schmuck auf der von Feuchtigkeit zerfressenen Wand.

»Es ist ein guter Schal. Aus Alpaca. Alpaca aus Peru.«

Ein Frösteln durchlief ihn, er hob den Blick und schaute dem Jungen direkt in die Augen. Die Worte ›ein Akt der Liebe‹ hatten das Antlitz des Jungen erglühen lassen, als hätte er Brennstoff getrunken. Seine Ohren hatten eine scharlachrote Farbe angenommen.

»Kann ich jetzt gehen, Señor Santoro?«

Der Direktor machte eine Bewegung, als wollte er sich von dem Jungen verabschieden, doch Ángels eisiger Blick hielt ihn zurück. Gleichsam Sympathie heischend, breitete er resigniert die Arme aus.

»Nimm den Schal mit, Junge.«

»Es würde mich ekeln, etwas von Ihnen zu besitzen.«

 

ANTONIO_SKARMETA

Antonio Skármeta (Antofagasta, 7 november 1940)

 

De Franse schrijver Vladimir Volkoff werd geboren in Parijs op 7 november 1932. Zie ook mijn blog van 7 november 2008.

 

Uit: Les humeurs de la mer

 

Mais alors, où commencer ? Un roman n’est somme toute qu’une histoire, mais toutes les histoires sont commencées depuis l’éternité, et il y a toujours quelque artifice à sauter à pieds joints in media res.
Ce que je veux raconter, c’est un incident qui a eu lieu pendant que je gouvernais la ville. Mais commencer au début de l’incident ne signifierait rien et me condamnerait à des flash-back et à des plus-que-parfaits insupportables. Mon arrivée dans la ville semblait un moment commode pour enclencher l’action, mais l’action qui suit n’est pas intelligible si je ne raconte pas les circonstances de mon affectation à ce poste. Cette affectation elle-même n’a de sens que dans le déroulement de ma carrière, et ma carrière que dans le déroulement de ma vie. Faut-il donc commencer comme Dickens, à ma naissance ? Mais la naissance de mon corps a bien moins de part à tout ce qui l’a suivie que mes atavismes, passablement mystérieux, et le passé encore plus mystérieux de ma psyché. Comment les grands artistes se tirent-ils du mauvais pas où je me trouve et où ils ont bien dû se trouver aussi ?
Par des effets de perspectives, apparemment. Ils mettent au premier plan ce qui les intéresse, et ils estompent progressivement le reste, si bien que le véritable commencement de toute oeuvre est toujours noyé dans le vague des derniers plans. De la sorte, toute oeuvre d’art a un aspect pour ainsi dire, bombé. Avec le milieu essentiel en relief, et un effacement perspectif des tenants d’un côté et des aboutissants de l’autre : ce qu’ils étaient avant de se rencontrer, ce qu’ils seront après le mariage, n’est jamais présenté qu’avec un effet de raccourci et de gommage.
Sur ce point, l’avantage du théâtre est évident : la pièce commence quand le rideau se lève ; la coupure est inévitable, et le rôle du trompe l’oeil s’en trouve décru. On ne saurait demander à un dramaturge ce qui s’est passé avant la rencontre (Acte -I) ou après le ma
riage (Acte VI), puisque par définition, la pièce c’est ce qui va de l’acte I à l’acte V, entre deux mouvements de rideau. Le romancier, au contraire, est responsable de la totalité de l’histoire qu’il raconte : d’où le jeu un peu trop habile de la perspective. »

 

vladimirvolkoff

Vladimir Volkoff (7 november 1932 – 14 september 2005)

 

De Duitse dichter, vertaler en jurist Graaf Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg werd geboren op 7 november 1750 in Bramstedt. Zie ook mijn blog van 7 november 2008.

 

Sei gegrüßt…

 

Sei gegrüßt, die auserkoren

Unter allen Weibern war,

Die den Heiland uns geboren,

Ihn, der sein wird, ist und war,

Jungfrau, deren Schoss die Sonne

Der Gerechtigkeit empfing,

Mutter, deren Blick mit Wonne

An dem ew’gen Sohne hing.

 

Wie der Engel dich begrüßte,

Grüßet dich die Christenheit,

Denn das Knäblein, das dich küsste,

Ist der Herr der Herrlichkeit.

Den du oft mit sanften Armen

An die Mutterbrust gelegt,

Ist der Herr, der mit erbarmen

Aller Himmel Himmel trägt.

 

stolberg

Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg (7 november 1750 – 5 december 1819)
Gravure van M. Steinla, naar een schilderij van J. C. Rincklake

 

De Franse schrijver Auguste Villiers de L’Isle-Adam werd geboren op 7 november 1838 in Saint-Brieuc. Zie ook mijn blog van 7 november 2008.

 

Uit: L’Inconnue

 

“– Madame, dit-il, vous le savez ; je vous ai vue, ce soir, pour la première fois. Comme j’ai peur de ne

plus vous revoir, il faut que je vous dise – (il défaillait) – que je vous aime ! acheva-t-il à voix basse, et que, si vous passez, je mourrai, sans redire ces mots à personne.

Elle s’arrêta, leva son voile et considéra Félicien avec une fixité attentive. Après un court silence :

– Monsieur, – répondit-elle d’une voix dont la pureté laissait transparaître les plus lointaines intentions de l’esprit, – monsieur, le sentiment qui vous donne cette pâleur et ce maintien doit être, en effet, bien profond, pour que vous trouviez en lui la justification de ce que vous faites. Je ne me sens donc nullement offensée. Remettez-vous, et tenez-moi pour une amie. Félicien ne fut pas étonné de cette réponse : il lui semblait naturel que l’idéal répondît idéalement.

La circonstance était de celles, en effet, où tous deux avaient à se rappeler, s’ils en étaient dignes, qu’ils étaient de la race de ceux qui font les convenances et non de la race de ceux qui les subissent. Ce que le public des humains appelle, à tout hasard, les convenances n’est qu’une imitation mécanique, servile et presque simiesque de ce quia été vaguement pratiqué par des êtres de haute nature en des circonstances générales.

Avec un transport de tendresse naïve, il baisa la main qu’on lui offrait.

– Voulez-vous me donner la fleur que vous avez portée dans vos cheveux toute la soirée ?

L’inconnue ôta silencieusement la pâle fleur, sous les dentelles, et, l’offrant à Félicien :

– Adieu maintenant, dit-elle, et à jamais.

– Adieu !… balbutia-t-il. Vous ne m’aimez donc pas ? – Ah ! vous êtes mariée ! s’écria-t-il tout à coup.

– Non.

– Libre ! Ô ciel !

– Oubliez-moi, cependant ! Il le faut, monsieur.

– Mais vous êtes devenue, en un instant, le battement de mon coeur ! Est-ce que je puis vivre sans vous ? Le seul air que je veuille respirer, c’est le vôtre ! Ce que vous dites, je ne le comprends plus :

vous oublier… comment cela ? »

 

Villiers

Auguste Villiers de L’Isle-Adam (7 november 1838 – 18 april 1889)
Getekend door Paterne Berrichon

 

De Franse schrijver Gédéon Tallemant des Réaux werd geboren op 7 november 1619 in La Rochelle. Zie ook mijn blog van 7 november 2008.

 

Uit: Henri IV

 

Si ce prince fût né roi de France, et roi paisible, probablement ce n’eût pas été un grand personnage: il se fût noyé dans les voluptés, puisque, malgré toutes ses traverses, il ne laissoit pas, pour suivre ses plaisirs, d’abandonner les plus importantes affaires. Après la bataille de Coutras, au lieu de poursuivre ses avantages, il s’en va badiner avec la comtesse de Guiche, et lui porte les drapeaux qu’il avoit gagnés. Durant le siège d’Amiens, il court après madame de Beaufort, sans se tourmenter du cardinal d’Autriche, depuis l’archiduc Albert, qui s’approchoit pour tenter le secours de la place.

(…)

Il n’étoit ni trop libéral, ni trop reconnoissant. Il ne louoit jamais les autres, et se vantoit comme un Gascon. En récompense, on n’a jamais vu un prince plus humain, ni qui aimât plus son peuple; d’ailleurs, il ne refusoit point de veiller pour le bien de son Etat. Il a fait voir en plusieurs rencontres qu’il avoit l’esprit vif et qu’il entendoit raillerie.
Pour reprendre donc ses amours, si Sébastien Zamet, comme quelques-uns l’ont prétendu, donna du poison à madame de Beaufort, on peut dire qu’il rendit un grand service à Henri IV, car ce bon prince alloit faire la pl
us grande folie qu’on pouvoit faire: cependant il y étoit résolu. On devoit déclarer feu M. le Prince bâtard. M. 1e comte de Soissons se faisoit cardinal, et on lui donnoit trois cent mille écus de rentes en bénéfices. M. le prince de Conti étoit marié alors avec une vieille qui ne pouvoit avoir d’enfants. M. le maréchal de Biron devoit épouser la fille de madame d’Estrées, qui depuis a été madame de Sanzay. M. d’Estrées la devoit avouer; elle étoit née durant le mariage, mais il y avoit cinq ou six ans que M. d’Estrées n’avoit couché avec sa femme, qui s’en étoit allée avec le marquis d’Allègre, et qui fut tuée avec lui à Issoire, par les habitants, qui se soulevèrent et prirent le parti de la Ligue. Le marquis et sa galante tenoient pour le Roi: ils furent tous deux poignardés et jetés par la fenêtre.
Cette madame d’Estrées étoit de La Bourdaisière, la race la plus fertile en femmes galantes qui ait jamais été en France; on en compte jusqu’à vingt-cinq ou vingt-six, soit religieuses, soit mariées, qui, toutes, ont fait l’amour hautement; de là vient qu’on dit que les armes de La Bourdaisière, c’est _une poignée de vesces_; car il se trouve, par une plaisante rencontre que, dans leurs armes, il y a une main qui sème de la vesce.

 

Tallement

Gédéon Tallemant des Réaux (7 november 1619 – 10 november 1692)

 

Zie voor onderstaande schrijver ook mijn blog van 7 november 2008.

 

De Duitse schrijver Johann Gottfried Schnabel werd geboren op 7 november 1692 in Sandersdorf bij Bitterfeld.

Albert Camus, Albert Helman, Antonio Skármeta, Vladimir Volkoff, Friedrich zu Stolberg-Stolberg, Johann Gottfried Schnabel, Gédéon Tallemant des Réaux, Auguste Villiers de L’Isle-Adam

De Franse schrijver en filosoof Albert Camus werd geboren op 7 november 1913 in Mondovi, Algerije. Zie ook mijn blog van 7 november 2006 en ook mijn blog van 7 november 2007.

 

Uit: La Peste

 

“Rieux marchait toujours. À mesure qu’il avançait, la foule grossissait autour de lui, le vacarme s’enflait et il lui semblait que les faubourgs, qu’il voulait atteindre, reculaient d’autant. Peu à peu, il se fondait dans ce grand corps hurlant dont il comprenait de mieux en mieux le cri qui, pour une part au moins, était son cri. Oui, tous avaient souffert ensemble, autant dans leur chair que dans leur crâne, d’une vacance difficile, d’un exil sans remède et d’une soif jamais contentée. Parmi ces amoncellement de morts, les timbres des ambulances, les avertissements de ce qu’il est convenu d’appeler le destin, le piétinement obstiné de la peur et la terrible révolte de leur coeur, une grande rumeur n’avait cessé de courir et d’alerter ces êtres épouvantés, leur disant qu’il fallait retrouver leur vraie patrie. Pour eux tous leur vraie patrie se trouvait au-delà des murs de cette ville étouffée. Elle était dans les broussailles odorantes sur les collines, dans la mer, les pays libres et le poids de l’amour. Et c’était vers elle, c’était vers le bonheur, qu’ils voulaient revenir, se détournant du reste avec dégoût.

 

Quant au sens que pouvait avoir cet exil et ce désir de réunion, Rieux n’en savait rien. Marchant toujours, pressé de toutes parts, interpellé, il arrivait peu à peu dans des rues moins encombrées et pensait qu’il n’est pas important que ces choses aient un sens ou non, mais qu’il faut voir seulement ce qui est répondu à l’espoir des hommes.

 

Lui savait désormais ce qui est répondu et il l’apercevait mieux dans les premières rues des faubourg, presque désertes. Ceux qui, s’en tenant au peu qu’ils étaient, avaient désiré seulement retourner dans la maison de leur amour, étaient quelquefois récompensés. Certes, quelques uns d’entre eux continuaient de marcher dans la ville, solitaires, privés de l’être qu’ils attendaient. Mais d’autres comme Rambert, que le docteur avait quitté le matin même en lui disant “Courage, c’est maintenant qu’il faut avoir raison », avaient retrouvé sans hésiter l’absent qu’ils avaient cru perdu. Pour quelques temps au moins, ils seraient heureux. Ils savaient maintenant que s’il est une chose qu’on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c’est la tendresse humaine.“

 

albert_camus

Albert Camus (7 november 1913 – 4 januari 1960)

 

De Nederlandse schrijver Albert Helman werd geboren op 7 november 1903 in Paramaribo. Zie ook mijn blog van 7 november 2006.

 

Uit: De laaiende stilte

 

„Neen, ik ben niet kuis. Ik beef terwijl ik deze eerste regel van mijn dagboek neerschrijf, maar ik heb mijzelf beloofd meedogenloos te zijn jegens mijn eigen ziel en eerlijk jegens ieder over wie ik mogelijk hier een oordeel uitspreek. Veroordelen zal ik stellig niemand, nu ik begonnen ben mijzelf te vonnissen. Ik ben niet kuis. De ongerepte Agnès d’Esternay, is zij ooit kuis geweest? Zo lang ik mij herinneren kan, heb ik begeerd, onvormelijk eerst en vaag, daarna… Geen van die dromen ben ik ooit meer kwijtgeraakt; ze vloeiden in elkander over, werden één, een nieuwe werkelijkheid waarin ik mij beweeg en handel als de ergste zondares, terwijl een ieder denkt, neen, weet met al de zekerheid die feiten kunnen geven, dat ik de ongerepte, ingetogen middelste der drie gezusters ben. De vrolijkste misschien [in schijn] van alle drie, maar zeker niet hun mindere wat deugd betreft [ook weer in schijn]. Of is dit hoogmoed, domheid, zo verzekerd van de dunk van anderen te zijn? Doorzien ze mij? Ik denk van niet. En deze huichelarij, de noodzaak anderen jezelve anders voo
r te doen dan men in werkelijkheid zichzelve weet, geeft mij dit knagende gevoel van mijn verworpenheid, van al sinds eeuwigheid niet te zijn toegelaten tot de liefde Gods. Verdoemd te zijn. Want ware deugd en wijlen in de liefde Gods is weten dat men staat, en

[p. 10]vallend alreeds overeind komt, van nature overeind te zijn en niet terneergesmeten, niet voortdurend, dag en nacht te worstelen met het boze, in de greep van de Verleider die je in zijn ene arm vol heerlijkheid omklemd, houdt en je met zijn andere onderwijl betovert, achterover dringt en dan…

 

Te weten zou gemakkelijk zijn. Hoe gruwelijk en ondoorgrondelijk wreed het ook zou wezen, alles ware beter dan de onzekerheid, dat het misschien toch mogelijk is langs duistere kronkelpaden te ontdekken, dat je niet voorgoed verdoemd bent, niet bent voorbestemd ten ondergang. Wie weet dat hij niets te verwachten heeft van het Hiernamaals kan zijn leven daar- op inrichten, genieten voorzover er te genieten valt en in de roes zichzelf bedwelmen, heel een leven lang. Maar folterpijn is dit, de ongewisheid, het besef van ondergang, van weggeworpen-zijn, nochtans vol vage hoop, vol wroeging en vol schuldbesef, dat een verlangen lijkt naar het zuiverste geluk terwijl je in de mest graait. Ik zou dit alles niet zo boudweg kunnen schrijven, als ik niet het wezenlijkste hier met cijfers kon verbergen, cijfers die veel schuldelozer zijn dan woorden en waarvan geen sterveling zal achterhalen wat zij aan gedachten en gevoelens, aan verlangens, wanhoop en vertwijfeling verbergen. Maar het is goed dat het hier staat en dat ik het ook nu en dan herlezen kan, ofschoon ik het eerst zelf weer moet ontraadselen, zoals een bankroetier berekent hoe groot zijn schulden al geweest zijn, jaren her; maar dan weer wéét waar hij aan toe is.“

 

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Albert Helman (7 november 1903 – 7 oktober 1996)
Portret van Albert Helman door Otto van Rees, 1924

 

De Chileense schrijver Antonio Skármeta werd geboren op 7 november 1940 in Antofagasta. Als aanhanger van Salvador Allendes moest hij in 1973 zijn land verlaten en hij leefde in ballingschap in Berlijn, waar hij draaiboeken schreef voor Duitse films. In 1989 keerde hij naar Chili terug. Zijn bekendste boek is de roman Ardiente Paciencia (Duits: Mit brennender Geduld) die hij zelf in 1983 als film regiseerde, maar die onder de verfilming van Michael Radford uit 1994 als Il Postino wereldberoemd werd. Boek en film gaan over de vriendschap tussen een postbode en de Nobelprijswinnaar Pablo Neruda. Toen de militairen inChili het veld hadden geruimd was Skármeta korte tijd ambassadeur in Berlijn. Tegenwoordig presenteert hij ook een tv-programma over literatuur in Chili.

 

Uit: Der Dieb und die Tänzerin (El baile de la Victoria, vertaald doorWilli Zurbrüggen)

 

„Am 13. Juni, dem Tag des heiligen Antonius von Padua, erließ der Präsident eine Amnestie für alle Strafgefangenen.

Bevor Ángel Santiago entlassen wurde, ließ der Gefängnisleiter den jungen Mann zu sich kommen. Er trat mit der Schlacksigkeit und der brutalen Schönheit seiner zwanzig Jahre ein, hielt die Nase hoch, eine Haarsträhne fiel über die linke Wange, und er schaute den Direktor herausfordernd an. Die Körner eines Hagelschauers schlugen gegen die Fensterscheiben hinter den Gittern und zerrissen die dicke Staubschicht, die darauf lag.

Nachdem er ihn einen Wimpernschlag lang gemustert hatte, senkte der Gefängnisleiter den Blick auf das unterbrochene Schachspiel, strich sich nachdenklich über das Kinn und überlegte, welches jetzt der geschickteste Zug sei.

»Du verläßt uns also, mein Junge«, sagte er mit einem Hauch von Wehmut in der Stimme, ohne jedoch den Blick vom Schachbrett zu nehmen. Dann hob er den König und schob das kleine Kreuz der Krone bedächtig in die Lücke zwischen seine oberen Schneidezähne. Er trug seinen Mantel und einen braunen Schal aus Alpacawolle, Schuppen hingen schwer in seinen Augenbrauen.

»So ist es, Herr Direktor. Zwei Jahre hab’ ich abgesessen.«

»Du wirst nicht behaupten wollen, daß sie wie im Flug vergangen sind.«

»Sie sind
nicht wie im Flug vergangen, Señor Santoro.«

»Etwas Positives solltest du dieser Zeit abgewonnen haben.«

»Ich habe einige recht interessante Pläne.«

»Legale?«

Der Junge trat mit der Fußspitze spielerisch gegen den Rucksack, in dem er seine wenigen Habseligkeiten verstaut hatte, reinigte mit dem Finger seinen Augenwinkel und grinste so spöttisch, daß jeder Anspruch auf Wahrheit in seiner Antwort von vornherein ausgelöscht wurde.

»Vollkommen legal. Warum haben Sie mich kommen lassen, Herr Direktor?«

»Zwei Kleinigkeiten«, sagte der Gefängnisleiter und tippte sich mit der Figur des Königs an die Nase. »Ich spiele die Weißen und bin am Zug. Was mache ich, um schnell das Schachmatt von Schwarz herbeizuführen?«

Der Junge warf einen verächtlichen Blick auf das Schachbrett und rieb mißmutig

seine Nasenspitze.

»Was wäre die zweite Kleinigkeit, Herr Direktor?«

Der Mann stellte den König auf sein Feld zurück und zeigte ein Lächeln von so überwältigender Traurigkeit, daß seine Lippen aufquollen, als wollte er gleich in Tränen ausbrechen.

»Das weißt du doch.«

»Das weiß ich nicht.«

»Dein Plan ist, mich umzubringen«, sagte der Direktor lächelnd.

»Sie nehmen in meinem Leben keine so bedeutende Stellung ein, daß Sie sagen

könnten, es sei mein Plan, Sie umzubringen.«

»Also wirst du mich umbringen.«

 

skarmeta

Antonio Skármeta (Antofagasta, 7 november 1940)

 

De Franse schrijver Vladimir Volkoff werd geboren in Parijs op 7 november 1932 als zoon van Russische emigranten. Hij behaalde een licentie in klassieke talen en een doctoraat in de wijsbegeerte. Na zijn studies was hij eerst leraar Engels te Amiens. Van 1957-1962 diende hij in het Franse leger en streed mee in de Algerijnse oorlog. Na zijn demobilisatie trok hij naar de Verenigde Staten waar hij eerst als vertaler werkte en later Frans en Russisch doceerde (1966-1977). In 1979 keerde hij terug naar Frankrijk en werkte sindsdien alleen nog als schrijver. Volkoff was bedreven in diverse literaire disciplines; hij schreef zowel romans, toneelwerken, essays, geschiedenis als biografieën. Zijn anti-communistische overtuiging stak hij niet onder stoelen of banken. In totaal publiceerde hij een honderdtal boeken. Meermaals mocht hij letterkundige prijzen in ontvangst nemen o.a. Prix Chateaubriand, Prix Jules Verne, Grand Prix du roman de l’Académie française, en de Prix Daudet, die in 2003 aan hem werd toegekend door de luisteraars van Radio Courtoisie. Volkoff was practizerend Katholiek en anti-modernistisch. Hij zette zich fel af tegen decadentie en alles wat naar marxisme neigde. In de Franse rechterzijde was hij een graag gezien figuur.

 

Uit: Manuel du politiquement correct

 

„L’enracinement, au sens où l’entendait Simone Weil, est la chose la plus politiquement incorrecte du monde. Naître enraciné dans une famille , dans une nation , dans une civilisation que l’on n’a pas choisie et pousser la bassesse jusqu’à les assumer, les revendiquer, les faire siennes et donc devenir le leur, rien n’est plus répugnant. L’individu politiquement correct se doit d’être “fils de personne” , comme le formulait Montherlant, “voyageur sans bagages” , comme l’exprimait Anouilh, ni l’un ni l’autre ne pouvant pourtant être considérés comme des prophètes de la pensée politiquement correcte.

Les seuls enracinements politiquement corrects sont ceux qui tiennent du hobby plus que de l’héritage.

Par exemple, il est permis de se vouloir occitan, à condition d’inventer une langue “occitane” qui possède une morphologie et une syntaxe mais que personne ne parle. En revanche, les véritables habitants du Sud-Ouest qui parlent leurs patois sont politiquement suspects, parce que leur patois les isole tant soit peu de l’influence politiquement correcte. Cependant on peut les encourager dans cette voie parce que :

 

– d’une part, ils ne sont pas vraiment dangereux;

– d’autre part, toute action qui vise, si peu que ce soit, à la dislocation de la nation doit être considérée comme bénéfique.“

 

Volkoff

Vladimir Volkoff (7 november 1932 – 14 september 2005)

 

De Duitse dichter, vertaler en jurist Graaf Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg werd geboren op 7 november 1750 in Bramstedt, in het in die tijd Deense Holstein. Hij is vooral bekend gebleven als dichter.De aristocraat was een zoon van Graaf Christian Günther zu Stolberg-Stolberg.  Hij was de jongere broer van de eveneens dichtende Christian Graf Stolberg-Stolberg (1748 – 1821). Stolberg schreef revolutionair-pathetische gedichten die men in de literatuurgeschiedenis tot de periode en stijl der Sturm und Drang rekent. Zijn werk, waaronder het bekende gedicht “Auf dem Wasser zu Singen” werd in 1783 door Heinrich Christian Boie gepubliceerd. Een aantal gedichten waaronder ook “Auf dem Wasser zu Singen” werd door Franz Schubert voor piano en zangstem (sopraan) bewerkt. Stolberg studeerde rechten aan de universiteiten van Halle en Göttingen waar beide broers in 1772 in de “Göttinger Hain”, een groep of genotschap van dichters werden opgenomen. Tot deze kring behoorden ook Hans Christian Boie en Johann Heinrich Voß.

 

 

Lied auf dem Wasser zu singen

 

Mitten im Schimmer der spiegelnden Wellen

Gleitet, wie Schwäne, der wankende Kahn:

Ach, auf der Freude sanftschimmernden Wellen

Gleitet die Seele dahin wie der Kahn;

Denn von dem Himmel herab auf die Wellen

Tanzet das Abendrot rund um den Kahn.

 

Über den Wipfeln des westlichen Haines

Winket uns freundlich der rötliche Schein;

Unter den Zweigen des östlichen Haines

Säuselt der Kalmus im rötlichen Schein;

Freude des Himmels und Ruhe des Haines

Atmet die Seel im errötenden Schein.

 

Ach, es entschwindet mit tauigem Flügel

Mir auf den wiegenden Wellen die Zeit;

Morgen entschwinde mit schimmerndem Flügel

Wieder wie gestern und heute die Zeit,

Bis ich auf höherem strahlendem Flügel

Selber entschwinde der wechselnden Zeit.

 

Stolberg

Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg (7 november 1750 – 5 december 1819)

 

De Duitse schrijver Johann Gottfried Schnabel werd geboren op 7 november 1692 in Sandersdorf bij Bitterfeld. Sinds 1694 was hij een wees die bij familie en bekenden opgroeide. Hij volgde onderwijs in Halle en een opleiding tot barbier. Tot 17717 diende hij in verschillende legers als huursoldaat. In 1719 werd hij meester barbier in Querfurt. In 1724 verhuisde hij met zijn familie naar Stolberg in de Harz, waar hij van 1731 tot 1738 uitgever was van de krant Stolbergische Sammlung Neuer und Merckwürdiger Welt-Geschichte. In dezelfde tijd publiceerde hij zijn hoofdwerk Wunderliche Fata einiger See-Fahrer. Na het jaar 1750 is niets meer over hem bekend.

 

Uit: Wunderliche Fata einiger Seefahrer absonderlich Alberti Julii

 

Ob denenjenigen Kindern, welche um die Zeit geboren werden, da sich Sonnen- oder Mondfinsternissen am Firmamente präsentieren, mit Recht besondere Fatalitäten zu prognostizieren sein? Diese Frage will ich den gelehrten Naturkündigern zur Erörterung überlassen, und den Anfang meiner vorgenommenen Geschichtsbeschreibung damit machen: wenn ich dem geneigten Leser als etwas Merkliches vermelde: daß ich Eberhard Julius den 12. Mai 1706 eben in der Stunde das Licht dieser Welt erblickt, da die bekannte große Sonnenfinsternis ihren höchsten und fürchterlichsten Grad erreicht hatte. Mein Vater, der ein wohlbemittelter Kaufmann war, und mit meiner Mutter noch kein völliges Jahr im Ehestande gelebt, mochte wegen gedoppelter Bestürzung fast ganz außer sich selbst gewesen sein; jedoch nachdem er bald darauf das Vergnügen hat meine Mutter ziemlich frisch und munter zu sehen, mich aber als seinen erstgebornen jungen, gesunden Sohn zu küssen, hat er sich, wie mir erzählet worden, vor Freuden kaum zu bergen gewußt.

 

Ich trage Bedenken von denenjenigen Tändeleien viel Wesens zu machen, die zwischen meinen Eltern als jungen Eheleuten und mir als ihrer ersten Frucht der Liebe, in den ersten Kinderjahren vorgegangen. Genung! ich wurde von ihnen, wiewohl etwas zärtlich, jedoch christlich und ordentlich erzogen, weil sie mich aber von Jugend an dem Studieren gewidmet, so mußte es keinesweges an gelehrten und sonst geschickten Lehrmeistern ermangeln, deren getreue Unterweisung nebst meinen unermüdeten Fleiße so viel würkte, daß ich auf Einraten vieler erfahrner Männer, die mich examiniert hatten, in meinem siebzehnten Jahre nämlich um Ostern 1723 auf die Universität Kiel nebst einem guten Anführer reisen konnte. Ich legte mich auf die Jurisprudenz nicht sowohl aus meinem eigenen Antriebe, sondern auf Begehren meiner Mutter, welche eines vornehmen Rechtsgelehrten Tochter war. Allein ein hartes Verhängnis ließ mich die Früchte ihres über meine guten Progressen geschöpften Vergnügens nicht lange genießen, indem ein Jahr hernach die schmerzliche Zeitung bei mir einlief, daß meine getreue Mutter am 16. Apr. 1724 samt der Frucht in Kindesnöten Todes verblichen sei.“

 

Schabel_frontispice

Johann Gottfried Schnabel (7 november 1692 – tussen 1751 en 1758)
Frontispice (geen portret beschikbaar)

 

De Franse schrijver Gédéon Tallemant des Réaux werd geboren op 7 november 1619 in La Rochelle. Geen van zijn werken werd tijdens zijn leven gepubliceerd. Hij schreef tragedies, epigrammen, rondeaus en talrijke gelegenheidsgedichten. Beroemd is hij echter door zijn Historiettes, een verzameling van anakdoten over zijn tijdgenoten. Aan talrijke personen uit de aristocratie, literatuur en wetenschap is een historiette gewijd: Hendrik IV, kardinaal Richelieu, Blaise Pascal en vele anderen.

De bezitter van het oorspronkelijke handschrift gaf het werk in 1834/1835 uit. Dat zorgde voor een schandaal omdat de weinig vlijende beschrijvingen in de Historiettes contrasteerden met het idealistische beeld van Frankrijks „Grand Siècle“. In de 20e eeuw werd Gédéon Tallemant des Réaux echter gerehabiliteerd.

 

Uit: MESDAMES DE ROHAN

 

„(…) Mlle Anne de Rohan, bonne fille, fort simple, quoyqu’elle sceüst du latin et que toute sa vie elle eust fait des vers ; à la vérité, ils n’estoient pas les meilleurs du monde.

Mlle de Rohan la bossue,

Sa soeur la bossue, avoit bien plus d’esprit qu’elle : j’en ay déjà escrit un impromptu. Elle avoit une passion la plus desmesurée qu’on ayt jamais veûe pour Mme de Nevers, mere de la reyne de Pologne. Quand elle entroit chez cette princesse, elle se jettoit à ses piez, et les luy baisoit. Mme de Nevers estoit fort belle, et elle ne pouvoit passer un jour sans la voir, ou luy escrirre si elle estoit malade : elle avoit tousjours son portrait, grand comme la paume de la main, pendu sur son corps de robe, à l’endroit du coeur. Un jour, l’esmail de la boiste se rompit un peu ; elle le donna à un orfèvre à racommoder, à condition qu’elle l’auroit le jour mesme. Comme il travailloit
à sa boutique, lesmail s’envoila, comme ils disent, parce qu’une charrette fort chargée, en passant là tout contre, fit trembler toute la boutique. Elle y alla pour le r’avoir, et fit des enrageries espouvantables à ce pauvre homme, comme si c’eust esté sa faute que ce portrait n’estoit pas raccommodé; on le luy rendit en l’estat qu’il estoit, et le lendemain elle le renvoya.

Elle pensa se jetter par les fenestres quand Mme de Nevers mourut, et on dit qu’elle heurloit comme un loup. Quand elle mourut, on l’enterra avec ce portrait.

Elle disoit : « Je voudrois seulement estre mariée pour un jour, pour m’oster cet opprobre de virginité ». On dit qu’elle y avoit mis bon ordre.“

 

Tallemant

Gédéon Tallemant des Réaux (7 november 1619 – 10 november 1692)

 

 

De Franse schrijver Auguste Villiers de L’Isle-Adam werd geboren op 7 november 1838 in Saint-Brieuc. Zie ook mijn blog van 7 november 2006.

 

Uit: LE CONVIVE DES DERNIÈRES FÊTES

 

Depuis quelques instants nous admirions, à travers la poussière, la mosaïque tumultueuse des masques hurlant sous les lustres et s’agitant. sous l’archet sabbatique de Strauss.

Tout à coup la porte de la loge s’ouvrit : trois dames, avec un froufrou de soie, s’approchèrent entre les chaises lourdes et, après avoir ôté leurs masques, nous dirent :

“ Bonsoir ! ” C’étaient trois jeunes femmes d’un esprit et d’une beauté exceptionnels. Nous les avions parfois rencontrées dans le monde artistique de Paris. Elles s’appelaient :

Clio la Cendrée, Antonie Chantilly et Annah Jackson.

“ Et vous venez faire ici l’école buissonnière, mesdames ? demanda C*** en les priant de s’asseoir.

– Oh ! nous allions souper seules, parce que les gens de cette soirée, aussi horribles qu’ennuyeux, ont attristé notre imagination, dit Clio la Cendrée.

– Oui, nous allions nous en aller quand nous vous avons aperçus ! dit Antonie Chantilly.

– Ainsi donc, venez avec nous, si vous n’avez rien de mieux à faire, conclut Annah Jackson.

– Joie et lumière ! vivat ! ” répondit tranquillement C***.

Élevez-vous une objection grave contre la Maison Dorée ?

– Bien loin cette pensée ! dit l’éblouissante Annah Jackson en dépliant son éventail.

– Alors, mon cher, continua C*** en se tournant vers moi, prends ton carnet, retiens le salon rouge et envoie porter le billet par le chasseur de Miss Jackson :

– C’est, je crois, la marche à suivre, à moins d’un parti pris chez toi ?

– Monsieur, me dit Miss Jackson, si vous vous sacrifiez jusqu’à bouger pour nous, vous trouverez ce personnage vêtu en oiseau phénix – ou mouche – et se prélassant au foyer. Il répond au pseudonyme transparent de Baptiste ou de Lapierre. – Ayez cette complaisance ? – et revenez bien vite nous aimer sans cesse. ” Depuis un montent je n’écoutais personne. Je regardais un étranger placé dans une loge en face de nous : un homme de trente-cinq ou trente-six ans, d’une pâleur orientale ; il tenait une lorgnette et m’adressait un salut.

“ Eh ! c’est mon inconnu de Wiesbaden ! ” me dis-je tout bas, après quelque recherche.

Comme ce monsieur m’avait rendu, en Allemagne, un de ces services légers que l’usage permet d’échanger entre voyageurs (oh ! tout bonnement à propos de cigares, je crois, dont il m’avait indiqué le mérite au salon de conversation), je lui rendis le salut. »

 

Villiers de L'Isle-Adam

Auguste Villiers de L’Isle-Adam (7 november 1838 – 18 april 1889)