Hafid Aggoune, Kurt Drawert

De Franse schrijver Hafid Aggoune werd geboren op 17 maart 1973 in Saint-Etienne. Zie ook alle tags voor Hafid Aggoune op dit blog.

Uit: Premières heures au paradis 

“Mme Mila était heureuse de me revoir et d’apprendre que je vivais de mon métier d’acteur, même si tout n’était pas encore comme je voulais et qu’aucun rôle ne me don-nait le droit de dire que je faisais du cinéma. Elle disait que ce n’était pas grave, que jouer dans des publicités pouvait être un excellent apprentissage, et que surtout ce qui comptait c’était de travailler, même dans des séries, comme les acteurs américains. Elle disait qu’un jour les Français compren-draient. Et elle savait de quoi elle parlait : toute sa vie son mari avait préparé les décors, jusqu’à sa mort, tué sur le coup par un projecteur en plein tournage.
En l’écoutant, je n’ai pas manqué de voir dans son regard l’inquiétude que provoquait mon retour.
J’aurais aimé avoir une grand-mère comme Suzanne Mila. Elle était toujours aussi gentille. Elle me voyait tous les jours à la télévision. Elle disait que je donnais l’impres-sion d’être un autre à chaque fois. Et quand j’ai parlé de la chambre, elle ne m’a pas demandé pourquoi je souhaitais la reprendre. Suzanne est comme ça, généreuse, rien d’une concierge indiscrète, ne posant jamais les questions qui font de la peine, vous laissant venir comme un animal blessé qu’il ne faut pas effaroucher et qui finit par ne plus trembler.
Tu l’imagines, souriante et aimable, seule, la télé tou-jours allumée sur la seule chaîne que son vieux poste arrive à capter.
Du temps où j’étais le garçon au pair des Mila, Suzanne voyait son petit-fils tous les mercredis après l’entraînement de foot et tous les samedis après le match. Devenu adoles-cent, Aurélien ne venait voir sa grand-mère qu’une ou deux fois par mois, pour l’argent de poche et un goûter à la va-vite avant de dévaler les escaliers.
Tu remarqueras que je n’aime pas les chiffres.
Je tiens ça de toi.
Dans tes romans, tu écris toujours les chiffres en toutes lettres, comme une revanche sur ces heures de cours de mathématiques où le temps semblait arrêté et où l’ennui te poussait de minute en minute dans un état intermédiaire entre l’assoupissement avachi et le désir de crier en cla-quant la porte sur ce charabia abscons.
Après cinq ans et cinq de tes romans, je renouais avec la vie de célibataire, les sandwichs du midi et les mauvais dîners à cuisson rapide, seul dans un espace minuscule et perdu dans un gigantesque labyrinthe mental.
Après quelques jours d’isolement, j’ai repris les sorties nocturnes, celles pour se sentir moins seul, entouré d’ombres inconnues, enfumé jusqu’aux os.
Pour la première fois en cinq ans, septembre allait finir sans que j’aille faire le tour des librairies avec toi, pour le simple plaisir de voir à répétition le roman de Lucille Eden sur les tables.”

 

Hafid Aggoune (Saint-Etienne, 17 maart 1973)

 

De Duitse dichter en schrijver Kurt Drawert werd geboren op 15 maart 1956 in Henningsdorf. Zie ook alle tags voor Kurt Drawert op dit blog.

 

JUST NOW, 99 AAN HET EINDE

De elektronische dagen verbranden nu beter,
wat ooit geschiedenis werd genoemd
en tenslotte rondslingerde als bevroren uitwerpselen
van honden. Voorbij zijn de ophaalproblemen

de druk om te ontslaan, de overuren
van de afvalverwijdering. Nu is dat allemaal heel anders
geregeld doordat er niets meer voorkomt,
wat vuil maakt. Een klik naar de volgende

internetbuurman, dan een paar links
naar het lichaam, en alles blijft schoon
en onaangeroerd in de kritieke zone
tussen heup en knie. Als Lenin dit wist,

zoveel vooruitgangsmassa in het algemeen.
Ook hij zoiets als een overblijfsel,
niet gemakkelijk in het stripboek te krijgen,
reactionair over de gehele mislukte lijn.

Maar hou er nu over op, deze kindertijd
in het wenende oog van God is immers overleefd,
bijna zonder schade, opgehangen van mijn kant,
als gerookte varkenskont.

Maar aan de andere kant, de oorlogen zijn serieuzer geworden,
harder, voor de loketten van de spaarbank,
dat moet gezegd. Een blik op het bankafschrift,
en ik weet dat ik ondersteboven leef. Dan de brieven

die al beginnen te ruiken, van de voetnoten
naar boven en niet erg virtueel, helaas.

 

Vertaald door Frans Roumen

 

Kurt Drawert (Henningsdorf, 15 maart 1956)

 

Zie voor nog meer schrijvers van de 17e maart ook mijn blog van 17 maart 2020 en eveneens mijn blog van 17 maart 2019 en ook mijn blog van 17 maart 2018 deel 1 en ook deel 2.

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