Jacques Godbout, Philippe Delerm, Klara Blum, Jos. Habets, Friedrich von Canitz

De Canadese dichter, schrijver, essayist en filmmaker Jacques Godbout werd geboren op 27 november 1933 in Montreal, Quebec. Zie ook mijn blog van 27 november 2008 en ook mijn blog van 27 november 2009 en ook mijn blog van 27 november 2010.

 

Uit: Les Têtes à Papineau

“Le plafond blanc, par contre, invite à la rêverie. « C’est bien notre genre ! » soupire François. Il entend que Charles va en profiter pour se perdre dans l’éther, encore une fois. François déteste rêvasser. Il préfère l’action immédiate, quitte à se brûler les pattes. Charles contemple les plafonds blancs et s’invente des paysages. Il s’y perd facilement. François, s’il n’est pas stimulé de l’extérieur, ne pense à rien. Mais il est plus rapide que Charles à la détente. C’est une boule sur un billard électrique. Charles ressemble plus pour sa part à un étang matinal sous la brume. Ce n’est pas commode. De plus en plus nous nous regardons comme chiens de garde, les babines retroussées sur nos dents pointues. Or nous sommes condamnés, comme personne au monde, à un perpétuel tête-à-tête : nous n’avons, de naissance, qu’un seul cou, un seul tronc, deux bras, deux cannes, un organe de reproduction. Cela nous tient ensemble. Ensemble.

Nos deux têtes prennent racine à la hauteur de la trachée-artère, de guingois, de ghingoua, mais à même le cou. Comme les deux branches d’un V victorieux. Elles sont autonomes. Pas que pour les émotions ! La pensée. La voix. La salive aussi. Il nous arrive assez souvent, pour cela même, de nous étouffer bruyamment. C’est dangereux une trachée envahie. Il suffit d’un rien. Nous avons un ami qui est mort étranglé par une seule arête de poisson.

Il était à table, au restaurant. Quand l’arête se piqua dans sa gorge, il se mit à faire des bruits inattendus. Des grimaces. Les convives se tapèrent sur les cuisses. Il était habituellement très drôle. Les grimaces empirèrent, il se roulait par terre, en cravate et gilet. Il était toujours tiré à quatre épingles. Il devint rouge comme une brique hollandaise. Puis bleu fromage. La table entière était morte de rire. Mais c’est lui qui resta sur le carreau. Quand on s’aperçut qu’il était sérieux, il était trop tard. Il avait fait sa dernière blague. C’est parfois dangereux d’être pris pour un clown.”

 

Jacques Godbout (Montreal, 27 november 1933)

 

De Franse schrijver Philippe Delerm werd geboren op 27 november 1950 in Auvers-sur-Oise. Zie ook mijn blog van 27 november 2008 en ook mijn blog van 27 november 2009 en ook mijn blog van 27 november 2010.

 

Uit: Le Buveur de Temps

„Et vous écartez le rideau. Votre soif secrète et la douceur de votre main ont tourné la première page, et commencé l’histoire d’un personnage différent. Je suis bien dans un cadre, c’est bien le début d’un romaN. Mais je vous donnerai la courbe de ma bulle, le centre lent de mon regard, les gestes gourds de mon corps effacé pour mieux se couler dans l’espace, ne rien comprendre et ne rien pénétrer, pour mieux se fondre et regarder.

Ne vous méprenez pas. Malgré mon espace ovoïde, mon corps informulé, je n’ai rien d’un fœtus. Je ne viens pas d’un autre monde par la chair et le sang ; aucune hérédité ne m’impose un projet, des limites. Non, si je viens au monde, c’est un peu comme dans le poème de Supervielle, vous savez :

« Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge
En plein vol et cachant votre histoire en son cœur
Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer. »

Voilà, c’est ça. Je suis un ami inconnu. Je viens sur terre pour nouer entre nous ce lien fragile qui n’a pas de nom. Pas encore. Amour, amitié, tendresse, les mots sont codifiés, pour un usage et des rapports précis. Mais entre nous, ce sera bien plus vague.

J’étais bien dans ma bulle. Je le sens maintenant à la fraîcheur de l’air d’ici, qui brûle un peu ; l’air de ma planète était parfait, il n déchirait pas la poitrine, ne donnait pas envie de bouger, de changer. C’était un long sommeil, les yeux ouverts dans les eaux du soleil. C’était la solitude aussi, mais je vous regardais. Êtes-vous bien sur terre ? Excusez-moi. Êtes-vous bien, sur terre ?

Votre réponse est un silence, l’ébauche d’un sourire au coin des lèvres. J’aime bien ce silence, où je sens quelques gouttes de temps pur à la tristesse douce-amer. J’aime bien ce sourire, l’humour est la pudeur des jours –vous êtes tellement civilisé.“

 

Philippe Delerm (Auvers-sur-Oise, 27 november 1950)

 


De Duitstalige, joodse, Oostenrijkse, Russische en Chinese dichteres en schrijfster
Klara Blum werd geboren op 27 november 1904 in Czernowitz in de Bukowina. Zie ook alle tags voor Klara Blum op dit blog.

 

Mädchen im Büro

Vor fünfzehn Jahren

Setzte ich mich an diesen Tisch

Und schrieb mit fliegenden Händen

Unter Diktat.

Seither habe ich viele tausend Papiere beschrieben.

Kollegen Männer kamen nach mir und überholten mich.

Aber ich

Bin bis heute unter Diktat geblieben,

Immer nur unter Diktat.

Meine Sinne habe ich in Ketten gelegt,

Jahre verbracht in willenlos folgsamer Arbeit,

Willenlos auf den Einen gewartet, der niemals kam.

Manchmal

Heulen Sie mitten hinein in mein papierenes Leben,

Festgekettete Hunde, tausendmal böser als freie,

Aber, wie andre, sie losbinden

Kann ich nicht mehr.

 

Klara Blum (27 november 1904 – 4 mei 1971)

 

De Nederlandse schrijver, priester en archivaris Joannes Josephus (Jozef) Habets werd geboren in Oirsbeek op 27 november 1829. Zie en ook mijn blog van 27 november 2010.

 

Uit: Levensschets van Egidius Slanghen

„Ik begin met verlof te vragen om een oogenblik van mijn eigen persoon te spreken. Ik verlang dit te doen om den korten inhoud van dit levensbericht te rechtvaardigen. Voor het eerst heb ik den Heer Slanghen ontmoet in 1851, ten huize van onzen gemeenschappelijken vriend en kunstliefhebber, wijlen den Heer Charles Guillon, Notaris te Roermond. Ik was toen student in het Seminarie dier stad en hij vertoefde als rentmeester op het naburig Kasteel Aldengoor. Bij die gelegenheid verhaalde hij mij iets, wat ik niet wist, namelijk dat wij bloedverwanten waren.

Sedert die eerste ontmoeting heb ik eene warme genegenheid voor dien langen, mageren neef, met dat kaal voorhoofd en dien zwarten knevel gekoesterd, die weinig sprak en bijna nooit lachte, al liep het gesprek ook over een humoristisch onderwerp. Ik noemde daar Slanghen mijn neef; ik moet echter, om bij de waarheid te blijven, die uitdrukking nader verklaren; hij was eigenlijk niet mijn neef maar een neef mijner moeder. Wanneer mij in later jaren, de eene of andere gelegenheid naar den omtrek van Hoensbroeck riep, waar Slanghen was gaan wonen en waar hij als burgemeester fungeerde, verzuimde ik nooit hem een bezoek te brengen. Hij toonde mij dan met welgevallen allerhande kunstnieuws of liever kunstouds hetwelk hij had aangekocht, sprak over ’t een of ander onderwerp onzer oude geschiedenis van Limburg en vroeg niet zelden naar ons oordeel over ’t stukje beeldhouw- of snijwerk, waaraan hij arbeidde. Ook hij bracht mij sedert de laatste twintig jaren regelmatig eens in ’t jaar een tegenbezoek en vertoefde dan enkele dagen te mijnen huize.“

 


Jos. Habets (27 november 1829 – 22 juni 1893)

 

De Duitse dichter, schrijver en diplomaat Friedrich Ludwig Rudolf Freiherr von Canitz werd geboren op 27 november 1654 in Berlijn. Zie ook mijn blog van 27 november 2010.

 

Christus in der Krippen

Das Kind, das dort in Heu und Stroh verstecket lieget,

Und dem das tumme Vieh aus seiner Wiegen frißt,

Ist grösser als die Welt, weil es Gott selber ist,

Der über Höll’ und Tod in seiner Armuth sieget.

Was mag die Ursach seyn, daß Er so schlecht erschienen?

Es könnt ihm ja ein Thron seyn von Saphir bereit,

Sein Lager mit dem Glantz der Sternen überstreut,

Warum bedient Ihn nicht ein Heer von Cherubinen?

Kaum findet sich ein Raum den Heyland zu bewirthen;

Die Krippe wird sein Bett’, ein Stall ist sein Pallast;

Wenn Er die keusche Brust der Mutter hat umfaßt,

So hält Er sein Bancket, sein Hoff besteht aus Hirten.

Ihr Grossen, die ihr euch als Götter laßt verehren,

Die ihr von eurem Stuhl aus Diamanten blitzt,

Und, eurer Meinung nach, dem Himmel näher sitzt,

Als die, so Menschen sind, diß will euch etwas lehren:

Der Höchste spottet hier der Güter dieser Erde,

Die offt ein Sterblicher für seinen Himmel hält,

Und zeiget euch dabey, daß, wenn es ihm gefällt,

Der Purpur uns zu Heu, und Heu zu Purpur, werde.

 

Friedrich von Canitz (27 november 1654 – 11 augustus 1699)