Vladimir Volkoff, Auguste Villiers de L’Isle-Adam, Friedrich zu Stolberg-Stolberg, Johann Gottfried Schnabel, Gédéon Tallemant des Réaux

De Franse schrijver Vladimir Volkoff werd geboren in Parijs op 7 november 1932. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009 en ook mijn blog van 7 november 2010

 

Uit: Chroniques angéliques

„Àmon ange gardien

Avoue que c’est étrange.

Je ne suis pas tout à fait sûr que tu existes (ne te vexe pas, je ne suis pas tout à fait sûr d’exister moi-même), et pourtant je t’invoque tous les jours. Solennellement. En slavon. Je te dis : ” Ange Gardien de par le Seigneur à moi envoyé, pardonne-moi tout ce par quoi je t’ai chagriné la journée passée et aide-moi à commencer la prochaine pour ton réconfort et le salut de mon âme. ” Ma mère a composé cette prière : elle m’en remplace une autre que l’Église orthodoxe recommande de dire tous les matins.

C’est que l’Église chrétienne, aussi bien orthodoxe que catholique ou protestante, avec toutes les religions monothéistes, croit fermement en vous autres anges : les juifs croient en vous, les musulmans croient en vous, les bons chrétiens croient en vous. Si certains d’entre eux se permettent de douter de votre existence, c’est respectueusement. Il n’y a que les descendants de M. Homais, civils ou ecclésiastiques, qui vous ont carrément radiés des rôles avec une désinvolture qu’ils prennent pour la marque d’esprits supérieurs.

Mais entre croire en vous et savoir qui vous êtes et comment vous comprendre et comment vous parler et comment vous traiter, il y a du chemin. Si bien que je ne suis pas sûr d’avoir le droit de faire ce que je fais ici en inventant vos chroniques.

Quand j’étais petit, on m’assurait qu’il ne fallait jamais toucher un papillon parce que ses ailes étaient couvertes d’un pollen qui lui permettait de voler. Peut-être la recommandation est-elle valable pour les anges et ferais-je mieux de ne pas transgresser votre intangibilité ?

Mais peut-être aussi n’est-ce qu’une question de tact et, si, nous autres gens soi-disant cultivés, nous nous croyons obligés de prendre un ton amusé à votre sujet, est-ce la faute des savants qui vous ont chloroformés, épinglés et catalogués au lieu de s’inspirer du dicton américain : ” Pourquoi les anges volent-ils ? Parce qu’ils se prennent à la légère.”

 

Vladimir Volkoff (7 november 1932 – 14 september 2005)

 

De Franse schrijver Auguste Villiers de L’Isle-Adam werd geboren op 7 november 1838 in Saint-Brieuc. Zie ook mijn blog van 7 november 2010 en eveneens alle tags voor Auguste Villiers de L’Isle-Adam op dit blog.

 

Uit: Véra

„L’Amour est plus fort que la Mort, a dit Salomon : oui, son mystérieux pouvoir est illimité.

C’était à la tombée d’un soir d’automne, en ces dernières années, à Paris. Vers le sombre faubourg Saint-Germain, des voitures, allumées déjà, roulaient, attardées, après l’heure du Bois. L’une d’elles s’arrêta devant le portail d’un vaste hôtel seigneurial, entouré de jardins séculaires ; le cintre était surmonté de l’écusson de pierre, aux armes de l’antique famille des comtes d’Athol, savoir : d’azur, à l’étoile abîmée d’argent, avec la devise « PALLIDA VICTRIX », sous la couronne retroussée d’hermine au bonnet princier.

Les lourds battants s’écartèrent. Un homme de trente à trente-cinq ans, en deuil, au visage mortellement pâle, descendit. Sur le perron, de taciturnes serviteurs élevaient des flambeaux. Sans les voir, il gravit les marches et entra. C’était le comte d’Athol.

Chancelant, il monta les blancs escaliers qui conduisaient à cette chambre où, le matin même, il avait couché dans un cercueil de velours et enveloppé de violettes, en des flots de batiste, sa dame de volupté, sa pâlissante épousée, Véra, son désespoir.

En haut, la douce porte tourna sur le tapis ; il souleva la tenture.

Tous les objets étaient à la place où la comtesse les avait laissés la veille. La Mort, subite, avait foudroyé. La nuit dernière, sa bien-aimée s’était évanouie en des joies si profondes, s’était perdue en de si exquises étreintes, que son coeur, brisé de délices, avait défailli : ses lèvres s’étaient brusquement mouillées d’une pourpre mortelle. A peine avait-elle eu le temps de donner à son époux un baiser d’adieu, en souriant, sans une parole : puis ses longs cils, comme des voiles de deuil, s’étaient abaissés sur la belle nuit de ses yeux.

La journée sans nom était passée.

Vers midi, le comte d’Athol, après l’affreuse cérémonie du caveau familial, avait congédié au cimetière la noire escorte. Puis, se renfermant, seul, avec l’ensevelie, entre les quatre murs de marbre, il avait tiré sur lui la porte de fer du mausolée. — De l’encens brûlait sur un trépied, devant le cercueil ; — une couronne lumineuse de lampes, au chevet de la jeune défunte, l’étoilait.”

 


Auguste Villiers de L’Isle-Adam (7 november 1838 – 18 april 1889)

 

 

De Duitse dichter, vertaler en jurist Graaf Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg werd geboren op 7 november 1750 in Bramstedt. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009 en ook mijn blog van 7 november 2010

 

Sehsucht

Flügel! wer giebt mir Flügel! daß ich Ruhe

Finde? Flügel mir her! Des Liedes Fittich

Schweift in Banden, trunken, nicht frei, vergißt der

Dichter die Kette,

Aber sie klirret selbst im Schwung geteilter

Lüfte; freiere Schwünge heisch’ ich! Ahndung

Hebt und Sehnsucht über den Wolkenkranz des

Schneeichten Pindus;

Aber auch da noch lechz’ ich! Flügel! Flügel

Wie die Liebe sie heischt! wer giebt mir Flügel,

Daß ich Ruhe find’, in der Ruhe Wonne,

Wonne der Liebe!

Täuschender Sinnentand, du bunter Kerker,

Wo ich Schemen umarme, selbst ein Schemen,

Einst zerfällst du! Nichtiger Zauber schwindet

Dann vor der Liebe

Mächtigen Stabe, dem in Tanz die Geister

Folgen, Schemen nicht mehr! im Tanz des Fluges

Hin zum Urquell ewiger Ruh’ und Wonne,

Ewiger Liebe!

 

Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg (7 november 1750 – 5 december 1819)

 

De Duitse schrijver Johann Gottfried Schnabel werd geboren op 7 november 1692 in Sandersdorf bij Bitterfeld. Zie ook mijn blog van 7 november 2009 en ook mijn blog van 7 november 2010

 

Uit: Wunderliche Fata einiger Seefahrer absonderlich Alberti Julii

„Mein Vater verlangte mich zwar zu seinem Troste auf einige Wochen nach Hause, weiln, wie er schrieb, weder meine eintzige Schwester, noch andere Anverwandte seinen Schmertzen einige Linderung verschaffen könten. Doch da ich zurücke schrieb: daß um diese Zeit alle Collegia aufs neue angiengen, weßwegen ich nicht allein sehr viel versäumen, sondern über dieses seine und meine Hertzens-Wunde ehe noch weiter aufreissen als heilen würde, erlaubte mir mein Vater, nebst übersendung eines Wechsels von 200. spec. Ducaten noch ein halbes Jahr in Kiel zu bleiben, nach Verfliessung dessen aber solte nach Hause kommen über Winters bey ihm zu verharren, so dann im Früh-Jahre das galante Leipzig zu besuchen, und meine studia daselbst zu absolviren.

Sein Wille war meine Richt-Schnur, dannenhero die noch übrige Zeit in Kiel nicht verabsäumete mich in meinen ergriffenen studio nach möglichkeit zu cultiviren, gegen Martini aber mit den herrlichsten Attestaten meiner Professoren versehen nach Hause reisete. Es war mir zwar eine hertzliche Freude, meinen werthen Vater und liebe Schwester nebst andern Anverwandten und guten Freunden in völligen Glücks-Stande anzutreffen; allein der Verlust der Mutter that derselben ungemeinen Einhalt. Kurtz zu sagen: es war kein einziges divertissement, so mir von meinem Vater, so wohl auch andern Freunden gemacht wurde, vermögend, das einwurtzelende melancholische Wesen aus meinem Gehirne zu vertreiben. Derowegen nahm die Zuflucht zu den Büchern und suchte darinnen mein verlohrnes Vergnügen, welches sich denn nicht selten in selbigen finden ließ.

Mein Vater bezeigte theils Leid, theils Freude über meine douce Aufführung, resolvirte sich aber bald, nach meinen Verlangen mich ohne Aufseher, oder wie es zuweilen heissen muß, Hofmeister, mit 300. fl. und einem Wechsel-Briefe auf 1000. Thl. nach Leipzig zu schaffen, allwo ich den 4. Mart. 1725. glücklich ankam.“

 

Johann Gottfried Schnabel (7 november 1692 – tussen 1751 en 1758)

Zijn woonhuis in Stolberg in de Harz

 

De Franse schrijver Gédéon Tallemant des Réaux werd geboren op 7 november 1619 in La Rochelle. Zie ook mijn blog van 7 november 2008 en ook mijn blog van 7 november 2009 enook mijn blog van 7 november 2010

 

Uit: Le cardinal de Richelieu

“La Rivière, qui est mort évêque de Langres, disoit que le cardinal de Richelieu étoit sujet à battre les gens, qu’il a plus d’une fois battu le chancelier Séguier et Bullion. Un jour que ce surintendant des finances se refusoit de signer une chose qui suffisoit pour lui faire faire son procès, il prit les tenailles du feu, et lui serroit le cou en lui disant : « Petit ladre, je t’étranglerai. » Et l’autre répondit : « Etranglez, je n’en ferai rien. » Enfin il le lâcha, et le lendemain Bullion, à la persuasion de ses amis, qui lui remontrèrent qu’il étoit perdu, signa tout ce que le cardinal voulut.
Le cardinal étoit avare ; ce n’est pas qu’il ne fît bien de la dépense, mais il aimoit le bien. M. de Créqui ayant été tué d’un coup de canon en Italie, il alla voir ses tableaux, prit tout le meilleur au prix de l’inventaire, et n’en a jamais payé un sol. Il fit pis, car Gilliers, intendant de M. de Créqui, lui en ayant apporté trois des siens par son ordre, et lui en ayant présenté un qu’il le prioit d’accepter, le cardinal dit : « Je les veux tous trois et les doit encore.»
Il ne payoit guère mieux les demoiselles que les tableaux. Marion de l’Orme alla deux fois chez lui. A la première visite, il la reçut en habit de satin gris de lin, en broderie d’or et d’argent, botté et avec des plumes. Elle a dit que cette barbe en pointe et ces cheveux au-dessus de l’oreille faisoient le plus plaisant effet du monde. Il la baisa due volte. J’ai ouï dire qu’une autre fois elle y entra en homme : on dit que c’étoit un courrier ; elle-même l’a conté”.

 


Gédéon Tallemant des Réaux (7 november 1619 – 10 november 1692)

Het château des Réaux bij Chinon dat de schrijver in 1659 kocht