Alice Sebold, Christopher Brookmyre, Amelie Fried, Jennifer Egan

De Amerikaanse schrijfster Alice Sebold op 6 september 1962 in Madison, Wisconsin. Zie ook mijn blog van 6 september 2009 en ook mijn blog van 6 september 2010.

 

Uit: Lucky

This is what I remember. My lips were cut. I bit down on them when he grabbed me from behind and covered my mouth. He said these words: “I’ll kill you if you scream.” I remained motionless. “Do you understand? If you scream you’re dead.” I nodded my head. My arms were pinned to my sides by his right arm wrapped around me and my mouth was covered with his left.

He released his hand from my mouth.

I screamed. Quickly. Abruptly.

The struggle began.

He covered my mouth again. He kneed me in the back of my legs so that I would fall down. “You don’t get it, bitch. I’ll kill you. I’ve got a knife. I’ll kill you.” He released his grip on my mouth again and I fell, screaming, on the brick path. He straddled me and kicked me in the side. I made sounds, they were nothing, they were soft footfalls. They urged him on, they made him righteous. I scrambled on the path. I was wearing soft-soled moccasins with which I tried to land wild kicks. Everything missed or merely grazed him. I had never fought before, was chosen last in gym.

Somehow, I don’t remember how, I made it back on my feet. I remember biting him, pushing him, I don’t know what. Then I began to run. Like a giant who is all powerful, he reached out and grabbed the end of my long brown hair. He yanked it hard and brought me down onto my knees in front of him. That was my first missed escape, the hair, the woman’s long hair.

“You asked for it now,” he said, and I began to beg.

He reached around to his back pocket to draw out a knife. I struggled still, my hair coming out painfully from my skull as I did my best to rip myself free of his grip. I lunged forward and grabbed his left leg with both arms, throwing him off balance and making him stagger. I would not know it until the police found it later in the grass, a few feet away from my broken glasses, but with that move, the knife fell from his hands and was lost.

Then it was fists.“

 

Alice Sebold (Madison, 6 september 1962)

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Julien Green, Carmen Laforet, Cyrus Atabay, Jessica Durlacher

De Frans – Amerikaanse schrijver Julien Green werd geboren op 6 september 1900 in Parijs. Zie ook mijn blog van 6 september 2006 en ook mijn blog van 6 september 2008. Zie ook mijn blog van 6 september 2009 en ook mijn blog van 6 september 2010.

 

Uit: Jeunes années, autobiographie 2

«Ce fut, me semble-t-il, dans les dernières semaines de 1923 que Philippe me demanda de passer chez lui pour une raison qui ne me fut révélée que plus tard. Si je ne puis situer exactement la date, je revois la couleur du jour et le décor, l’un aussi triste que l’autre. Dans le bureau banal, mais confortable, j’étais assis sur un de ces canapés tout en rondeurs et qui n’ont de vertu à mes yeux que leur élasticité. Une table chargée de papiers cache à moitié un appareil de chauffage au gaz, et voilà le bout de mise en scène que me livre ma mémoire. Il est peut-être trop tôt pour allumer une lampe et la lueur maussade qui tombe du ciel gris pénètre comme à regret dans cette petite pièce mélancolique. De quoi parlons-nous ? Aucun souvenir… Mais on sonne. Un instant s’écoule, puis je vois mon ami revenir avec un des plus étranges personnages qu’il m’ait été donné de voir. Comme il m’arrive le plus souvent, je ne saisis pas son nom et je suis bien sûr aujourd’hui qu’il n’a pas entendu le mien. Le regard qu’il me jette me réduirait au silence si j’avais le désir de parler : les yeux d’un noir profond ne se posent qu’une seconde sur moi, mais d’une manière inoubliable et comme pour m’écarter. Je pourrais aussi bien être un meuble. Cette situation anéantissante me dispense de faire un effort pour me joindre à la conversation, et je me contente de regarder. D’assez haute taille, le visiteur est habillé d’une grosse étoffe mieux faite pour la campagne que pour la ville et les manches d’un chandail noir lui descendent jusque sur les mains qu’elles couvrent à moitié un peu comme des mitaines. Là n’est pourtant pas le plus intéressant : le visage à lui seul est comme un spectacle dont on ne veut rien manquer. Haut et dégagé par la calvitie, le front aux proportions magnifiques surplombe les sourcils noirs et les grandes orbites où luisent les prunelles d’un éclat sombre et dur. La bouche est mince et prudente, il en sort une voix aux modulations si bizarres que le sens des mots qu’elle prononce m’échappe de temps en temps. Jamais encore je n’ai entendu parler le français de cette façon. Les dentales surtout feraient croire que le bout de la langue appuie contre le palais, non contre les incisives, et les sifflantes chuintent sans retenue. Parfois le ton s’élève, les sourcils montent et s’arrondissent, les lèvres s’écartent et un rire de fausset rompt tout à coup l’ordonnance de ce visage immobile. L’impression que je me trouve devant quelqu’un a été immédiate. De quoi parle-t-on ? De littérature sans doute, et soudain j’entends le nom de Blake. Il se trouve que j’ai dans la poche le petit volume de Chesterton sur ce poète. Ne hésitation et voilà le livre entre mes doigts.“

 


Julien Green (6 september 1900 – 13 augustus 1998)

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