Tahar Ben Jelloun, Daniel Pennac, Mihály Vörösmarty, Valery Bryusov, Ernst Toller

 

De Marokkaanse romanschrijver, dichter en essayist Tahar Ben Jelloun werd geboren in Fez op 1 december 1944. Zie ook mijn blog van 1 december 2007.

 

 Uit : Ceux qui enrichissent la langue française
 
« Faut-il être nègre pour avoir un prix littéraire en France ? » Telle est la question posée par un journaliste à Edmonde Charles-Roux, la présidente de l’Académie Goncourt le lundi 10 novembre jour où le prix littéraire le plus prestigieux a été décerné à Atiq Rahimi, un écrivain afghan qui a écrit son roman « Pierre de patience » en français. Comme on dit c’est un francophone, c’est-à-dire un étranger qui a adopté la langue de Voltaire pour s’exprimer. Ce n’est pas la première fois que l’Académie Goncourt distingue un écrivain non français de souche. Il y a eu le libanais Amin Maalouf, le russe Andrei Makine, le martiniquais Chamoiseau , l’américain Jonathan Littell et votre serviteur. Mais à chaque fois, cela a été reçu de manière particulière par la presse, favorable en général. Je me souviens lorsque je reçu ce prix en 1987, un écrivain français assez connu avait plaisanté en disant « pour avoir ce prix il faudra dorénavant s’appeler Ben quelque chose ».
Cette année l’effet « francophonie » a été amplifié parce que le Prix Renaudot, décerné le même jour et qui est considéré comme la deuxième consécration après le Goncourt est revenu à un guinéen Tierno Monénembo pour « le roi du Kahel » comme ce fut le cas Ahmadou Kourouma et Alain Mabanckou il y a quelques années. Il y avait de quoi énerver quelques écrivains français qui s’attendaient cette année à recevoir l’un ou l’autre prix. Mais cela s’est fait sans que les jurys se concertent, ni qu’ils décident tout d’un coup de regarder ce qui s’ écrit en français juste pour faire exotique ou narguer la production française de souche.
Cette particularité française est partagée par la Grande Bretagne qui a un nombre important d’écrivains d’origine indienne, pakistanaise, africaine ou asiatique en général. Mais si le Book prize revient à un non britannique de souche, les médias n’en font pas un scandale et personne ne s’étonne. La France a mis du temps avant de reconnaître que sa langue est plus parlée et plus utilisée en dehors de ses frontières que chez elle. Des littératures s’écrivent dans la langue française avec des visions et par des imaginaires divers et différents. Cela couvre plusieurs pays d’Afrique, du monde arabe notamment le Maghreb, du Canada, de la Belgique, de la Suisse sans parler des Antilles. Cela constitue une richesse indéniable faisant vivre et s’épanouir une langue et ses civilisations. »

 

 

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Tahar Ben Jelloun (Fez, 1 december 1944)

 

 

 

 

De Franse schrijver Daniel Pennac werd geboren in Casablanca op 1 december 1944. Zie ook mijn blog van 1 december 2007.

 

Uit: La Petite Marchande de Prose

 

Parce qu’il me l’a fait visiter, sa sacrée taule! Et c’est vrai que j’en suis resté tout debout! Incroyable, quand j’y repense: on croit ouvrir des cellules, et on tombe sur des auditoriums dernier cri, des ateliers de peinture éclairés comme le ciel, des bibliothèques monacales où le type, penché sur son boulot, sa corbeille débordant de brouillons, se retourne à peine pour saluer les visiteurs. Rares, d’ailleurs, les visiteurs. Très tôt après leur incarcération, les prisonniers de Saint-Hiver renoncent aux visites. Saint-Hiver affirme n’y être pour rien.
     (Mouvement de mèche.) Très vite, ces hommes sentent qu’ils ont acquis entre ces murs une liberté qu’il leur faut préserver des atteintes de l’extérieur. S’ils ont tué, dehors, c’est, selon eux, parce qu’on leur a refusé le droit d’affirmer cette liberté-là.
     — Et leur refus des visites s’est étendu au rejet des médias sous toutes leurs formes, mademoiselle Corrençon, a précisé Saint-Hiver d’une voix appuyée. Ni journaux, ni radio, ni aucun autre vecteur de l’air du temps. Nous faisons nous-mêmes notre propre télévision. »

 

 

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Daniel Pennac (Casablanca, 1 december 1944)

 

 

 

 

De Hongaarse dichter Mihály Vörösmarty werd geboren op 1 december 1800 in Puszta-Nyék. Zie ook mijn blog van 1 december 2006.

 

 

Ich zürne dir

 

Ich zürne dir, weil deine Haare braun,

ich zürne dir ob deiner Augen Glanz,

der Augen, die mich zauberhaft durchschaun,

ich zürne dir, dein Mund betört mich ganz.

 

Ich zürne dir, denn hin ist meine Ruh,

ich zürne dir, du bist zu tugendhaft,

mein Herz ist jetzt bei dir, das raubtest du,

und hältst es sicher ewiglich in Haft.

 

 

 

 

An Laura

 

Dich schaun, weil ich dich liebe,

dich schaun, weil du mich haßt,

denn tödlich sind, ich weiß es,

die Reize die du hast.

 

Dich schaun, o welche Wonne

zu schaun dein Angesicht.

An deiner trotzigen Schönheit

zu sterben scheu ich nicht.

 

Dich schaun – es könnt geschehen

für einen Augenblick,

was ich dir gab und gebe,

du gäbst es mir zurück.

 

Dann würdest du erfahren,

wie grausam ist der Spaß,

wenn Liebe widerwillig

vergolten wird mit Haß.

 

Vielleicht wirst du bereuen

all deine Grausamkeit,

denn Liebe, die halbherzig:

erzeugt nur Liebesleid.

 

 

Vertaald door Géza Engl

 

 

 

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Mihály Vörösmarty (1 december 1800 – 19 november 1855)

 

 

 

 

 

De Russische dichter en schrijver Valery Bryusov werd geboren op 1 december 1873 in Moskou. Zie ook mijn blog van 1 december 2006.

 

 

A Sonnet to Form

 

There is some subtle, imperious connection

Between the flower’s perfume and silhouette,

Such is the diamond’s invisible perfection

Until the facets make it animate.

 

So are the images of ever changing fancies,

That, like the clouds, in the heavens race,

Turned into stone, they exist for centuries

In a fulfilled, exactly chiselled phrase.

 

And I belief, that all my dear dreams,

That have attained the world of word and light,

May find for them the long-awaited brims.

 

And may my friend, in every poem’s site

Take full delight in sweetness of a rime

And in beauty of its letters’ streams.

 

 

 

 

Obligations

 

1898

 

I don’t have any my obligations,

But the real assurance in me.

This idea has not validations,

Only love helps its rightness to see.

 

They are endless — the ways of perfection,

Keep each moment of life strong and safe!

This world has only single attraction —

To become a better man than you self.

 

Strong detest, cold apathy, gentleness —

Your life’s road consists of these few.

It is good, flying into the endless,

To observe you yourself behind you.

 

 

 

 

Vertaald door Yevgeny Bonver

 

 

 

 

Bryusov
Valery Bryusov (1 december 1873 – 9 oktober 1924)

 

 

 

 

 

De Duitse dichter en schrijver Ernst Toller werd geboren op 1 december 1893 in Samotschin (tegenwoordig Szamocin). Zie ook mijn blog van 1 december 2006.

 

 

Das Schwalbenbuch (fragment)

 

Wann endlich, Tiere, bündet Ihr Euch

Zum Bunde,wider die Menschheit?

Ich, ein Mensch,

Rufe Euch auf!

Euch Nachtigallen, geblendet mit glühender Nadel,

Euch Hammel, gewürgt in Kasematten vergaster Übungsschiffe,

Euch Esel, sanfteste Tiere, zusammenbrechend unter Peitschenhieben,

Euch Strauße, zuckenden Atems gerupft und fühlenden Herzens,

Euch Pferde, sonnenlos werkend in verpesteten Schächten,

Euch Bären, dressiert auf glühender Eisenmatte,

Euch Löwen, gezähmt im Zirkus von stählerner Knute,

Euch Alle Euch Alle

Rufe ich auf!

Erwachet!

Rächen wollen wir

Die Opfer des Menschen:

Tiere für Gaumenkitzel atmend gefoltert,

Tiere für Modelaunen lachend geschunden,

Tiere berauschten Arenen eitel geopfert,

Tiere in Kriegen sinnlos zerfetzt…

 

Ich will mich an Eure Spitze stellen, Ich, ein Renegat der Menschheit,

Will Euch führen gegen den einen Feind

M e n s c h.

 

Tiere der Wüste: Brüllet Alarm!

Tiere des Dschungels: Heulet Sturm!

 

Keine Unterscheidung lassen wir gelten,

Weisse und Schwarze, Gelbe und Braune,

Alle alle Erdschänder! Muttermörder! Sternenräuber!

 

 

 

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Ernst Toller (1 december 1893 – 22 mei 1939)